Malgré une cruauté systémique envers les animaux, des avancées notables ont été obtenues en 2025, témoignant d’un mouvement croissant en faveur du bien-être animal et de l’innovation technologique.
Le traitement infligé aux animaux reste une réalité sombre. D’ici fin 2025, des millions d’animaux seront confinés dans des cages exiguës et abattus pour leur fourrure, des centaines de millions soumis à des expérimentations douloureuses, et près de 1 000 milliards élevés pour leur viande, leur lait ou leurs œufs, la grande majorité dans des élevages intensifs. De nombreux autres sont capturés dans la nature ou élevés en captivité pour le divertissement ou la compagnie.
Si l’opinion publique est généralement sensible à cette question, les industries animales, puissantes sur le plan économique et politique, rendent difficile l’adoption de lois protectrices. Cependant, le mouvement de défense des animaux et les entreprises développant des alternatives sans animaux gagnent du terrain, et plusieurs victoires ont été remportées cette année.
La Pologne interdit l’élevage d’animaux à fourrure
La Pologne, deuxième producteur mondial de fourrure, a interdit l’élevage d’animaux à fourrure. Le président polonais, Karol Nawrocki, a déclaré que cette décision reflétait « notre compassion, notre maturité civilisationnelle et notre respect pour toutes les créatures vivantes ». Cette interdiction s’inscrit dans un déclin continu de l’industrie, avec une diminution du nombre d’animaux élevés pour leur fourrure, passant de 140 millions en 2014 à 20,5 millions en 2024.
Les œufs de poules élevées en plein air gagnent du terrain aux États-Unis
Aux États-Unis, la part des œufs provenant de poules élevées en plein air est passée de 38,7 % en décembre 2024 à 45,3 % en septembre 2025, sauvant ainsi environ 20 millions de poules d’une vie en cage. Cette progression rapide, la plus importante depuis le début des campagnes pour l’interdiction des cages au début des années 2000, se confirme également à l’échelle mondiale. Des tentatives de groupes industriels américains pour abroger les lois sur l’élevage sans cage ont échoué en 2025.
Plus de 25 juridictions américaines interdisent la vente d’animaux de compagnie en animalerie
Pour lutter contre les pratiques des usines à chiots et à chatons, où les animaux sont élevés dans des conditions insalubres, plus de 20 villes, comtés et États américains, dont Las Vegas, Denver, Detroit et le comté de Manatee en Floride, ont interdit la vente d’animaux de compagnie en animalerie. Cette mesure encourage l’adoption dans les refuges.
La Suisse exige la transparence sur les mutilations animales
La Suisse a adopté une loi obligeant les entreprises alimentaires, les épiciers et les restaurants à indiquer sur l’emballage si les produits d’origine animale proviennent d’animaux ayant subi des mutilations sans soulagement de la douleur, telles que la coupe de la queue des porcelets ou du bec des poules pondeuses.
Des technologies pour détecter le sexe des poussins in-ovo progressent
Pour mettre fin à l’abattage brutal des poussins mâles de l’industrie ovicole, des technologies permettant de déterminer le sexe des poussins dans l’œuf se développent rapidement. Dès le printemps 2025, plus d’un quart des œufs en Europe ont été scannés avec ces technologies, évitant ainsi la mort de centaines de millions de poussins. Ces technologies sont également commercialisées, à petite échelle, aux États-Unis et au Brésil.
Réduction des tests sur les animaux
Les National Institutes of Health et d’autres agences fédérales américaines, ainsi que le gouvernement britannique, se sont engagés à réduire les tests sur les animaux et à accélérer le développement de méthodes alternatives de haute technologie pour la recherche biomédicale.
L’industrie laitière américaine remise en question
Une nouvelle loi, qui devrait être signée par le président Donald Trump, permettra aux écoles de proposer du lait de soja aux élèves, en plus du lait de vache, et de se contenter d’une simple note parentale pour les alternatives végétales, au lieu d’un certificat médical. Cette mesure est une victoire pour le choix des élèves, la réduction du gaspillage alimentaire et le bien-être des vaches.
Le bien-être des crevettes attire l’attention
Plusieurs grandes chaînes de supermarchés européennes se sont engagées à garantir que les crevettes de leurs chaînes d’approvisionnement soient au moins étourdies électriquement avant l’abattage. Un organisme de certification des produits de la mer s’est également engagé à interdire l’ablation de la tige oculaire des crevettes femelles.
Des races de poulets à croissance plus lente
Plusieurs grandes entreprises de poulet et des supermarchés européens se sont engagés à passer à des races de poulets à croissance plus lente et moins sujettes aux problèmes de santé, ce qui réduira la souffrance de centaines de millions d’animaux chaque année.
Ces avancées, obtenues grâce à des campagnes intensives, à la constitution de coalitions et à la sensibilisation du public, démontrent que le pouvoir économique et politique des industries animales n’est pas invincible et que le changement est possible.
