Publié le 16 janvier 2025. L’industrie minière argentine connaît une croissance sans précédent, portée par une forte demande internationale et des investissements massifs, notamment dans le cuivre et le lithium. Les exportations ont atteint un niveau record en 2024, et les perspectives pour 2025 s’annoncent encore plus prometteuses.
- Les exportations minières argentines ont atteint 5,406 milliards de dollars entre janvier et novembre 2024, un record historique.
- L’or domine les exportations, représentant 70 % du total en novembre.
- Le gouvernement mise sur le Régime d’incitation aux grands investissements (RIGI) pour attirer davantage de capitaux dans le secteur.
L’exploitation minière s’affirme de plus en plus comme un pilier essentiel de l’économie argentine, contribuant de manière significative aux recettes en devises étrangères, un atout crucial pour le pays. Les chiffres récents témoignent d’un véritable boom, avec une augmentation de 30,7 % des exportations sur un an et une progression de 56,6 % par rapport à la moyenne enregistrée entre 2010 et 2024. En novembre dernier, les ventes externes du secteur se sont élevées à 519 millions de dollars, illustrant l’ampleur de ce phénomène.
En novembre, l’exploitation minière représentait 7,6 % du total des exportations argentines. L’or continue de jouer un rôle prépondérant, avec une contribution de 365 millions de dollars, soit 70 % du total exporté par le secteur. Les entreprises minières ont également enregistré un excédent commercial de 466 millions de dollars, en hausse de 4,2 % par rapport à l’année précédente et de 34,4 % par rapport à la moyenne des 24 derniers mois.
Selon un rapport conjoint de la Chambre argentine des sociétés minières et de la Bourse de Rosario, les exportations du secteur pourraient atteindre près de 5,9 milliards de dollars pour l’ensemble de l’année 2025, soit une croissance de près de 27 % par rapport à 2024. Cette proportion, comparée à une estimation des exportations nationales totales d’environ 86 milliards de dollars, confère à l’exploitation minière un poids structurel croissant dans l’économie argentine.
Cependant, cette croissance reste concentrée sur quelques destinations clés. La Suisse, les États-Unis, la Chine et le Canada absorbent à eux seuls 78 % des ventes externes du secteur minier argentin. Cette concentration souligne la nécessité de diversifier les marchés pour assurer la pérennité de l’expansion de l’industrie, une préoccupation exprimée par les acteurs du secteur.
L’Argentine dispose d’un potentiel minier considérable, avec 76 projets de cuivre en développement dans les provinces de San Juan, Mendoza, La Rioja, Catamarca, Salta, Jujuy, Neuquén et Río Negro, selon le cabinet de conseil Economía & Energía. Les investissements nécessaires à ces projets sont estimés à environ 35 milliards de dollars. Les premières exportations de cuivre à grande échelle ne sont pas attendues avant 2028, avec une consolidation prévue vers 2032. Le projet Los Azules, situé à San Juan, ambitionne de devenir l’une des dix plus grandes mines de cuivre au monde.
Le lithium représente également un vecteur de croissance important. L’Argentine cherche à se positionner comme un acteur majeur sur le marché sud-américain, historiquement dominé par le Chili. Le pays dispose de ressources estimées à 197,9 millions de tonnes de carbonate de lithium (MTn de LCE) et de réserves de 18,6 millions de tonnes. En comparaison, le Chili possède environ 116 millions de tonnes de ressources de cuivre, contre 190 millions pour le Chili, soit 20 % du total mondial.
En termes de contribution minière, l’Argentine occupe actuellement la 107e place sur 110 pays dans l’Indice de contribution minière (MCI) du Conseil international des mines et métaux (ICMM), avec un score de 17,6 points. Le Chili se classe 38e avec 61,2 points, se positionnant comme le deuxième pays d’Amérique du Sud derrière la Bolivie. En termes de valeur de la production minière, la Chine domine avec 434,8 milliards de dollars, suivie par l’Australie et l’Indonésie. Le Chili occupe la septième place avec 61,1 milliards de dollars, tandis que l’Argentine ne figure pas dans le top 20.
Le gouvernement de Javier Milei mise fortement sur le Régime d’incitation aux grands investissements (RIGI), approuvé en 2024 dans le cadre de la Loi de base. Ce régime offre un cadre juridique spécial pendant 30 ans pour les projets dépassant 200 millions de dollars dans les secteurs minier, énergétique et industriel. Dix projets ont déjà reçu le feu vert. Le régime prévoit une réduction de l’impôt sur le revenu de 35 % à 25 %, un remboursement accéléré de la TVA et une exonération des retenues sur les exportations liées à ces investissements. Minas Argentinas a récemment obtenu l’autorisation de réactiver la mine Gualcamayo, à San Juan, dans le cadre d’un plan d’investissement de 665 millions de dollars.
Une autre mesure importante est la suppression des retenues minières, ramenées à 0 % pour les minéraux métallifères et non métallifères, ainsi que pour les roches et pierres précieuses.

