Publié le 29 octobre 2023 15:13:00. Face à une recrudescence de la criminalité au Pérou, notamment des cas d’extorsion, une nouvelle forme d’assurance émerge pour protéger les fortunes, avec des polices souscrites à l’étranger et adaptées à des besoins spécifiques.
- Une augmentation significative des plaintes pour extorsion a été enregistrée au Pérou, poussant les personnes fortunées à se prémunir contre ce risque.
- Des assurances contre l’extorsion et les enlèvements, avec des couvertures pouvant atteindre 50 millions de dollars américains (environ 46,5 millions d’euros), sont désormais proposées, mais réservées à une clientèle disposant d’un patrimoine minimum de 250 000 dollars américains (environ 232 500 euros).
- Ces polices, souvent négociées par des courtiers, ne sont pas enregistrées au Pérou et offrent un accompagnement dans la gestion des situations de crise, y compris la négociation avec les criminels.
La criminalité au Pérou connaît une forte augmentation, incitant les personnes les plus aisées à rechercher des solutions pour protéger leurs familles et leurs biens. Fin septembre, le pays a enregistré une hausse de 20 % des plaintes pour extorsion, avec une moyenne de 73,3 signalements par jour au cours de l’année écoulée, selon l’Institut péruvien d’économie (IPE).
Ce phénomène a conduit à une demande croissante pour des assurances spécifiques contre l’extorsion et les enlèvements. Bien que ce type de produit existe depuis plus de 45 ans à l’échelle internationale, il ne commence à peine à se développer au Pérou, mais de manière discrète et personnalisée. Ces polices, destinées à une clientèle fortunée, offrent une couverture pouvant aller jusqu’à 50 millions de dollars américains (environ 46,5 millions d’euros), à condition que les clients disposent d’un patrimoine net d’au moins 250 000 dollars américains (environ 232 500 euros).
Selon des sources du marché de l’assurance, qui ont souhaité rester anonymes, ces contrats sont généralement souscrits auprès de compagnies étrangères, par l’intermédiaire de courtiers spécialisés. Ils ne sont pas enregistrés auprès des autorités péruviennes et sont traités avec une grande confidentialité pour garantir la sécurité des assurés.
« Nous travaillons avec des sociétés internationales qui facilitent le dialogue avec les extorqueurs ou les ravisseurs ; elles font preuve de coopération au début de la transaction, mais tentent également d’atténuer l’impact négatif sur l’assuré. »
Source du marché de l’assurance
Ces assurances ne se limitent pas à une simple indemnisation financière en cas de paiement d’une rançon. Elles incluent également un accompagnement par des experts en négociation avec les criminels. Si un paiement est effectué, l’assurance rembourse la somme versée.
Cependant, cette protection reste inaccessible à une grande partie de la population péruvienne, notamment aux petites entreprises et aux personnes à faible revenu, qui sont pourtant les plus touchées par les extorsions, en particulier à Lima.

Ces polices sont souscrites à l’étranger et dans le cadre d’un service personnalisé.
José Moya, directeur technique de BL Corredores de Seguros, souligne que les petites et microentreprises, ainsi que les propriétaires d’entreprises, ne souscrivent généralement pas de couvertures supplémentaires pour se protéger contre cette menace.
« Les gens continuent de considérer l’assurance comme une dépense, malgré le scénario, et les propriétaires d’entreprises protègent leurs actifs dans ces cas-là, mais ils ne contractent généralement pas de couverture supplémentaire par rapport à ce que la loi exige, par exemple, pour leurs travailleurs ou leurs dirigeants. »
José Moya, directeur technique de BL Corredores de Seguros
M. Moya rappelle que l’assurance vie légale, obligatoire pour les employés dès le premier jour de travail, offre une protection en cas d’agression sur le lieu de travail. L’Assurance Complémentaire Risques Travail (SCTR) couvre également les incidents survenus dans le cadre professionnel, mais pas en dehors des heures de travail ou au domicile de l’assuré.
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