Publié le 25 novembre 2025 à 00h18. L’ancien président américain Donald Trump voit ses tentatives de poursuites judiciaires contre ses détracteurs s’effondrer, tandis que les enquêtes à son encontre se poursuivent, soulevant des questions sur l’utilisation du système judiciaire à des fins politiques.
- Un juge fédéral a rejeté les plaintes déposées par Donald Trump contre James Comey et Letitia James.
- Le ministère de la Justice américain a annoncé son intention de faire appel de cette décision.
- L’inexpérience de la procureure Lindsey Halligan, nommée par Trump, est au cœur des contestations juridiques.
Les efforts de l’ancien président américain Donald Trump pour traduire en justice ses opposants se sont heurtés à un revers juridique majeur. Lundi, un juge fédéral a rejeté deux plaintes intentées par Trump contre James Comey, l’ancien directeur du FBI, et Letitia James, la procureure générale de New York. La décision est motivée par la nomination jugée irrégulière de Lindsey Halligan, la procureure responsable de l’État de Virginie, par le ministère de la Justice.
Lindsey Halligan, ancienne avocate personnelle de Donald Trump, avait vu son dossier accéléré en septembre après la démission de son prédécesseur, qui avait estimé que l’enquête n’avait aucune base solide. Le juge fédéral Cameron McGowan Currie a souligné que Halligan, sans expérience préalable en matière d’application de la loi, n’avait « aucune autorité légale » pour engager les poursuites.
Cette décision intervient une semaine après qu’un autre juge fédéral a également relevé de « graves erreurs d’enquête » dans l’affaire opposant Trump à James Comey. Le juge William Fitzpatrick avait alors estimé que Halligan avait « fondamentalement dénaturé la situation juridique » en raison de son manque d’expérience.
Fin septembre, Donald Trump avait demandé au ministère de la Justice d’ouvrir des poursuites contre plusieurs de ses détracteurs, notamment Letitia James, James Comey et John Bolton, son ancien conseiller à la sécurité nationale, accusé d’avoir divulgué des informations classifiées. Ces initiatives ont été perçues par les critiques comme une tentative de faire pression sur ses opposants et sur les personnalités qui lui sont hostiles.
James Comey, qui a dirigé le FBI lors de l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016, est considéré comme l’un des principaux adversaires de Donald Trump. Il avait été limogé par le républicain après avoir mené cette enquête. Le ministère de la Justice a annoncé fin septembre qu’il poursuivrait Comey pour des « violations graves liées à la divulgation d’informations sensibles ».
« Je sais que (le président américain) Donald Trump va probablement s’en prendre à nouveau à moi »,
James Comey, ancien directeur du FBI
Comey a accueilli favorablement la décision du juge fédéral, tout en se montrant prudent quant à la suite des événements. Il a affirmé qu’il n’avait rien à craindre et qu’il avait confiance dans l’indépendance du système judiciaire, tout en espérant que cette affaire enverrait un signal clair : « Le président des États-Unis ne doit pas abuser du ministère de la Justice pour cibler ses opposants politiques ».
Letitia James, la procureure générale de New York, avait engagé une procédure en justice contre Trump pour fraude comptable, aboutissant à une condamnation à une amende de près de 500 millions de dollars (environ 450 millions d’euros). Cette décision a été annulée en août par une cour d’appel, qui a jugé l’amende excessive, mais James a annoncé son intention de faire appel.
« La victoire d’aujourd’hui me remplit de confiance. Je reste sans peur face à ces allégations sans fondement et je continue de me battre chaque jour pour le peuple de New York. »
Letitia James, procureure générale de New York
Le juge Cameron McGowan Currie a donné au ministère de la Justice la possibilité de présenter de nouvelles accusations. Cependant, dans l’affaire Comey, le délai de prescription pour les accusations initiales est expiré fin septembre.
Les observateurs s’attendent à ce que ces affaires finissent devant la Cour suprême des États-Unis, où les juges conservateurs détiennent la majorité. La Cour suprême s’est déjà prononcée en faveur de Donald Trump dans plusieurs affaires.
