Publié le 21 novembre 2025. Des chercheurs de NYU Langone Health ont identifié une vulnérabilité clé dans le cancer du poumon en ciblant une protéine, FSP1, qui permet aux cellules tumorales de survivre au stress. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouvelles thérapies plus efficaces contre cette forme de cancer particulièrement agressive.
- Le blocage de la protéine FSP1 induit la mort des cellules cancéreuses du poumon chez les souris.
- Ce mécanisme s’appuie sur un processus naturel appelé ferroptose, que les cellules cancéreuses contournent habituellement.
- FSP1 pourrait être une cible thérapeutique plus prometteuse que GPX4, une autre protéine étudiée dans le contexte de la ferroptose.
Une équipe de chercheurs de NYU Langone Health a mis en évidence un nouveau point faible dans le cancer du poumon : la protéine suppresseur de ferroptose 1, ou FSP1. En désactivant cette protéine, les cellules tumorales sont moins aptes à résister au stress et finissent par s’autodétruire par un processus appelé ferroptose.
La ferroptose est un mécanisme naturel de nettoyage cellulaire, activé lorsque les cellules sont soumises à un stress important. Les cellules cancéreuses ont développé des stratégies pour échapper à la ferroptose et continuer à proliférer. L’étude, publiée le 5 novembre dans la revue Nature, démontre que le blocage de FSP1 peut inverser cette situation.
Les expériences menées sur des souris atteintes d’adénocarcinome du poumon (LUAD), la forme la plus courante de cancer du poumon chez les non-fumeurs (représentant environ 40 % des cas mondiaux), ont révélé une réduction significative de la taille des tumeurs – jusqu’à 80 % – lorsque FSP1 était inhibée. Des tests avec un nouveau médicament expérimental, icFSP1, conçu pour inhiber spécifiquement FSP1, ont également confirmé ces résultats, prolongeant la survie des souris et réduisant la taille de leurs tumeurs.
Selon Thales Papagiannakopoulos, PhD, auteur principal de l’étude et membre du département de pathologie de la NYU Grossman School of Medicine :
« Ce premier test d’un médicament bloquant la suppression de la ferroptose souligne l’importance de ce processus pour la survie des cellules cancéreuses et ouvre la voie à de nouvelles stratégies de traitement. »
La ferroptose est déclenchée par une accumulation de fer dans les cellules, entraînant la formation d’espèces réactives de l’oxygène (ROS). En faibles quantités, les ROS jouent un rôle dans la communication cellulaire, mais en excès, elles provoquent un stress oxydatif qui endommage les protéines, l’ADN et les membranes cellulaires, conduisant à la mort cellulaire.
Les chercheurs ont également constaté que les souris génétiquement modifiées pour ne pas exprimer le gène FSP1 développaient des tumeurs plus petites, en raison d’une augmentation de la mort cellulaire cancéreuse. De plus, des niveaux élevés de FSP1 étaient corrélés à une survie plus courte chez les patients atteints d’adénocarcinome du poumon, contrairement à ce qui était observé avec une autre protéine étudiée, GPX4.
Katherine Wu, étudiante en médecine/doctorat dans le laboratoire de Papagiannakopoulos, précise que les recherches futures se concentreront sur l’optimisation de l’inhibiteur FSP1 et sur l’exploration du potentiel de la ferroptose dans le traitement d’autres cancers solides, comme le cancer du pancréas.
« Notre objectif est de traduire ces résultats en de nouvelles thérapies cliniques pour les patients atteints de cancer. »
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