Publié le 20 octobre 2025 à 23h01. Benedict Cumberbatch incarne un père endeuillé hanté par un corbeau dans Le truc avec des plumes, une adaptation poignante d’un roman primé, présentée au Festival du film BFI de Londres après un passage remarqué à Sundance.
- Benedict Cumberbatch est à l’affiche de Le truc avec des plumes, réalisé par Dylan Southern.
- Le film explore le deuil et la manière dont une famille fait face à la perte d’un être cher.
- Dylan Southern révèle les coulisses de sa rencontre avec Cumberbatch et le processus de création du film.
L’acteur britannique Benedict Cumberbatch s’est glissé dans la peau d’un père dévasté par la perte de sa femme dans Le truc avec des plumes, une adaptation cinématographique du roman acclamé Le chagrin est le truc avec des plumes de Max Porter. Le film, présenté au 69e Festival du film BFI de Londres (LFF) après sa première mondiale à Sundance, explore les thèmes du deuil, de la famille et de la résilience.
L’histoire suit un père (Cumberbatch) et ses deux fils, Richard et Henry Boxall, alors qu’ils tentent de surmonter la douleur de la perte soudaine de leur mère. Un élément singulier vient perturber leur quotidien : l’apparition d’un corbeau, “Crow”, issu des pages du livre que le père est en train d’écrire. Ce corbeau, figure à la fois sombre et consolatrice, les guide à travers leur chagrin d’une manière peu conventionnelle.
Le réalisateur Dylan Southern, connu pour ses documentaires musicaux tels que Rencontre-moi dans la salle de bain et Tais-toi et joue les hits, ainsi que pour ses clips pour des artistes comme Arctic Monkeys et Björk, a confié à The Hollywood Reporter comment ce projet est né.
« J’ai choisi le livre par moi-même. J’ai fait tout ce que vous n’êtes pas censé faire en tant que cinéaste. J’ai dépensé mon propre argent. Et j’étais en quelque sorte dans le trou. Mais j’ai tellement cru en ce livre et en l’idée de ce film que j’ai continué à le pousser et à le pousser. »
Dylan Southern, réalisateur
L’implication de Benedict Cumberbatch dans le projet s’est faite de manière inattendue. Southern a pris l’initiative de lui soumettre le scénario, sans grande conviction au départ.
« Quand on m’a dit que Benedict était également un grand fan du livre, j’ai pensé que j’allais tenter ma chance. Alors, je lui ai envoyé le scénario. M’attendant à attendre six mois pour un “non” poli. »
Dylan Southern, réalisateur
À sa grande surprise, la réponse fut rapide et positive. L’entreprise de production de Cumberbatch, SunnyMarch, s’est rapidement manifestée, exprimant l’intérêt de l’acteur pour le projet.
« Et dans deux semaines, SunnyMarch est revenu vers moi et m’a dit : ‘Benedict aime vraiment ça. Il veut te rencontrer.’ Je ne m’attendais jamais à avoir un acteur de son envergure dans le film, et j’étais nerveux, parce que je suis un documentariste, et c’est mon premier long métrage narratif, mais je suis allé le rencontrer, et toute cette nervosité s’est dissipée. Nous nous entendions si bien. »
Dylan Southern, réalisateur
La collaboration entre Southern et Cumberbatch s’est avérée particulièrement fructueuse. Le réalisateur souligne l’investissement de l’acteur dans le processus créatif.
« C’était un très bon collaborateur. Il m’a posé autant de questions que je lui ai posées, et il m’a facilité la tâche. Nous avons eu tellement de longues conversations sur le personnage, des semaines et des mois avant de monter sur le plateau, qu’au moment où nous y sommes arrivés, notre relation de travail était établie. »
Dylan Southern, réalisateur
Le tournage, bien que bref, a été intense. Southern se souvient avoir été tellement captivé par la performance de Cumberbatch qu’il en a oublié de donner le signal de coupe à plusieurs reprises.
Southern ne compte pas s’arrêter là. Après avoir exploré la fiction, il envisage de revenir au documentaire, notamment en réalisant un film sur le groupe Oasis, à la demande du groupe lui-même. Il travaille également sur un nouveau long métrage narratif, un thriller se déroulant à Londres, qui se concentrera davantage sur l’intrigue et le suspense que sur l’exploration émotionnelle de Le truc avec des plumes.
Southern conclut en reconnaissant les défis de l’industrie cinématographique. « J’ai écrit un autre film, un film original, et j’ai travaillé dessus pendant cinq ans et je suis arrivé au point où nous faisions du casting et des repérages. Mais ensuite tout s’est effondré. C’est là que j’ai appris qu’il fallait avoir une peau très épaisse. »
