Le service d’incendie de Los Angeles fait l’objet d’une enquête fédérale concernant les communications internes entourant le feu de brousse de Lachman, qui s’est propagé pour devenir l’incendie dévastateur des Palisades. Une assignation à comparaître a été signifiée au département, exigeant la remise de tous les échanges liés à des rapports de fumée ou de points chauds survenus dans la zone.
Selon une note interne, l’assignation à comparaître, émise par le bureau du procureur américain de Los Angeles, concerne les communications – y compris les messages texte – échangées entre le soir du Nouvel An (22h00) et le 7 janvier. L’enquête est menée par le Bureau de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF).
Cette enquête intervient après la publication de révélations par le Los Angeles Times concernant des ordres donnés par un chef de bataillon, Mario Garcia, le lendemain du feu de Lachman. Des pompiers auraient été instruits de remballer leurs équipements et de quitter la zone, malgré des inquiétudes quant à la présence de foyers souterrains et de roches encore chaudes. Un pompier a témoigné, dans un message texte, que l’équipe avait prévenu le chef de bataillon que partir relevait d’une « mauvaise idée » en raison de ces signes persistants de combustion.
« Et le reste appartient à l’histoire », a écrit ce même pompier ces dernières semaines, soulignant le sentiment d’impuissance face à la situation.
D’autres messages texte révèlent que des membres de l’équipe étaient préoccupés par le risque de reprise de l’incendie. Un pompier a rapporté que des souches d’arbres étaient encore chaudes au moment du départ, tandis qu’un autre a confié que l’équipe avait immédiatement pressenti que l’incendie des Palisades serait une résurgence du feu initial.
L’ATF avait déjà arrêté Jonathan Rinderknecht, un ancien résident de Pacific Palisades, accusé d’avoir volontairement déclenché l’incendie de Lachman peu après minuit le 1er janvier. Il a plaidé non coupable. L’enquête de l’ATF avait établi que le feu avait couvé pendant plusieurs jours sous terre, au sein des racines de la végétation, avant que des vents violents ne provoquent l’embrasement des Palisades.
L’incendie des Palisades, le plus destructeur de l’histoire de la ville, a causé la mort de 12 personnes et la destruction de milliers de maisons et d’entreprises.
Le service d’incendie n’a pas commenté les allégations contenues dans les messages texte, se contentant de déclarer que les responsables avaient pris toutes les mesures possibles pour éteindre complètement le feu de Lachman. Le département n’a pas non plus fourni de registres détaillés des opérations de lutte contre l’incendie et de nettoyage avant le 7 janvier.
Suite à la publication de l’article du Los Angeles Times, la maire Karen Bass a demandé au chef des pompiers par intérim, Ronnie Villanueva, d’ouvrir une enquête interne. Des critiques de son administration ont, quant à eux, réclamé une enquête indépendante.
Le bureau du procureur américain a refusé de confirmer l’existence de l’assignation à comparaître et n’a fait aucun autre commentaire.
