L’examen des milliers de documents liés à Jeffrey Epstein par le ministère américain de la Justice s’annonce plus long et complexe que prévu, menaçant de retarder leur publication au public. Près de 400 avocats sont désormais mobilisés pour analyser ce volume colossal d’informations, suscitant des inquiétudes quant à la transparence de l’affaire.
À retenir
- Le ministère de la Justice américain doit examiner 5,2 millions de pages de documents relatifs à Jeffrey Epstein.
- L’analyse de ces documents, confiée à environ 400 avocats, pourrait repousser la date limite de publication fixée par le Congrès au 19 décembre.
- Une nouvelle loi sur la transparence, adoptée avec un large soutien bipartisan, exige la divulgation de ces dossiers, malgré les tentatives antérieures de dissimulation.
Contexte
En vertu d’une loi sur la transparence adoptée le mois dernier par le Congrès, et qui vise à protéger les victimes, l’administration Trump avait ordonné au ministère de la Justice de rendre publics les dossiers relatifs aux enquêtes criminelles sur Jeffrey Epstein. Ce dernier, un financier et délinquant sexuel condamné, était connu pour ses liens avec Donald Trump dans les années 1990.
Epstein avait été reconnu coupable en 2008 en Floride pour avoir recruté une mineure à des fins de prostitution et était accusé de trafic sexuel en 2019. Il a été retrouvé mort dans sa cellule en 2019, son décès ayant été classé comme suicide.
La semaine dernière, le ministère de la Justice a annoncé avoir découvert plus d’un million de documents supplémentaires potentiellement liés à Epstein, augmentant considérablement le volume de travail nécessaire à leur examen.
Ce qui change
L’examen des documents est réparti entre la Division pénale, la Division de la sécurité nationale, le FBI et le bureau du procureur américain à Manhattan. Les avocats affectés à cette tâche devraient consacrer entre trois et cinq heures par jour à l’analyse d’environ 1 000 documents par jour, entre le 5 et le 23 janvier. Pour encourager la participation, des options de télétravail et de congés sont proposées.
Jusqu’à présent, les documents divulgués ont été largement expurgés, ce qui a suscité la frustration de certains républicains et n’a pas permis d’étouffer le scandale qui menace le parti à l’approche des élections de mi-mandat de 2026.
Le ministère de la Justice a déclaré qu’il travaillait « 24 heures sur 24 » pour examiner les documents et effectuer les suppressions légalement requises afin de protéger les victimes, et qu’il les publierait « dès que possible ». Cependant, en raison du volume massif de documents, ce processus pourrait prendre « quelques semaines supplémentaires ».
Prochaines étapes
La publication des documents complets, non expurgés, est désormais incertaine. Les législateurs et le public attendent de voir si le ministère de la Justice sera en mesure de respecter les exigences de la loi sur la transparence et de rendre les dossiers accessibles dans un délai raisonnable.
Chiffres clés
| Nombre de pages à examiner | 5,2 millions |
|---|---|
| Nombre d’avocats mobilisés | 400 |
| Date limite initiale de publication | 19 décembre |
Sources
Document gouvernemental examiné par Reuters le 30 décembre.



