Publié le 5 décembre 2025 à 21h55. Un mécanicien finlandais, Jesse Haapala, affirme qu’Audi et Mercedes ont intentionnellement intégré des défauts dans leurs moteurs électriques, suscitant une enquête des autorités et une vive polémique dans le secteur automobile.
- Jesse Haapala, spécialiste des véhicules électriques, a mis en évidence un problème récurrent de fuites d’antigel dans les moteurs électriques de modèles Audi et Mercedes âgés de 5 à 8 ans.
- Il accuse les constructeurs d’avoir conçu ces moteurs avec des joints défectueux et des zones d’accumulation d’antigel, entraînant des pannes coûteuses après la période de garantie.
- L’agence finlandaise de sécurité des transports, Traficom, a émis une mise en garde contre les modifications non autorisées des systèmes de véhicules électriques, en particulier l’installation de composants imprimés en 3D.
Jesse Haapala, fondateur du premier garage finlandais spécialisé dans les véhicules électriques et hybrides, s’est forgé une réputation d’expertise et d’honnêteté. Au fil de son expérience, il a développé une connaissance approfondie des batteries, des moteurs électriques et des autres composants essentiels de ces véhicules. Il n’hésite pas à dénoncer les défauts de conception qu’il observe, ce qui lui a valu une certaine notoriété.
Le problème soulevé par Haapala concerne les moteurs électriques refroidis par antigel, présents sur certains modèles Audi et Mercedes fabriqués entre 2017 et 2022. Selon lui, les joints mécaniques de ces moteurs ont tendance à céder avec le temps, provoquant des fuites d’antigel à l’intérieur du moteur. L’antigel s’accumule ensuite dans des zones spécifiques, remontant jusqu’au stator et finissant par l’endommager. Haapala estime que cette conception est délibérée, calculée pour que la panne survienne 1 à 2 ans après la fin de la garantie, engendrant des coûts de réparation considérables, pouvant atteindre 8 000 à 10 000 euros, voire plus.
Le mécanicien finlandais a développé une solution simple et économique, consistant à installer un petit récipient en plastique relié à un canal de drainage. Ce dispositif permet de collecter l’antigel qui s’accumule et de le vidanger lors des visites d’entretien, réduisant ainsi considérablement le risque de panne. Le coût de cette réparation est estimé à environ 250 euros.
Cependant, cette solution a suscité la réaction de l’agence finlandaise de sécurité des transports, Traficom. Le 4 décembre 2025, l’agence a publié une convocation publique, sans viser directement Haapala, mais en mentionnant précisément ses solutions impliquant des composants imprimés en 3D. Traficom met en garde contre les réparations sur les véhicules électriques et hybrides rechargeables qui impliquent des modifications du système, soulignant les risques liés à l’installation de composants non autorisés. Traficom affirme avoir reçu des informations de l’industrie automobile concernant des cas de falsification de systèmes par des personnes non autorisées.
L’agence finlandaise insiste sur le fait que les réparations doivent être effectuées uniquement conformément aux instructions du fabricant, ce qui impliquerait le remplacement complet des moteurs ou des batteries défectueux, et non leur réparation. Cette position semble refléter les intérêts des constructeurs automobiles et des concessionnaires, qui pourraient voir leurs revenus diminuer si des solutions de réparation alternatives, moins coûteuses, étaient largement adoptées.
Selon Haapala, cette convocation publique est une réaction aux plaintes des constructeurs et des concessionnaires, qui ont pris conscience des problèmes imminents intégrés dans la conception de leurs véhicules électriques. Il dénonce une volonté de maintenir des profits élevés en encourageant les propriétaires à remplacer des composants coûteux plutôt que de les réparer.
La situation soulève des questions importantes sur la durabilité des véhicules électriques, la transparence des constructeurs et le droit à la réparation. L’avenir de Jesse Haapala et de son garage reste incertain, mais son témoignage a déjà suscité un débat passionné sur les pratiques de l’industrie automobile.
