Publié le 9 octobre 2025 21:54:00. Une professeure du College of Charleston utilise le vélo comme outil pédagogique pour aider les étudiants de première année à s’intégrer et à réfléchir aux enjeux de durabilité et d’inclusion dans la région de Charleston.
- Sylvie Baele, membre adjointe du corps professoral, a développé un cours FYE (First Year Experience) centré sur le vélo.
- Le cours aborde des thèmes tels que l’intersectionnalité, la durabilité et l’impact social du cyclisme.
- Baele s’appuie sur son expérience personnelle et son travail avec l’association à but non lucratif Second Chance Bikes pour sensibiliser les étudiants.
Pour Sylvie Baele, le vélo est bien plus qu’un simple moyen de transport : c’est un vecteur d’intégration et un outil pour comprendre les enjeux de société. En tant que professeure au College of Charleston, elle a conçu un cours original pour les étudiants de première année, intitulé « Les vélos comme outils d’évolution sociétale et durable dans le Lowcountry et au-delà ». L’objectif ? Aider les nouveaux étudiants à trouver leur place sur le campus et dans la communauté locale, tout en les sensibilisant aux questions de durabilité et d’inclusion.
« C’est ainsi que j’ai découvert ma communauté au Collège, explique-t-elle. Je voulais pouvoir aider des étudiants qui me ressemblaient : intelligents, capables, avec beaucoup de potentiel, mais qui avaient du mal à trouver leur place. »
Le cours FYE (First Year Experience) propose une approche pédagogique innovante, combinant discussions de groupe, présentations de recherche et analyse d’articles scientifiques. Les étudiants sont également invités à illustrer des concepts de manière créative et à participer à des activités pratiques, comme une balade à vélo en groupe dans le centre-ville de Charleston.
« Le vélo est un excellent moyen d’explorer le centre-ville, souligne Baele. Il y a des endroits que les gens qui ont vécu ici toute leur vie, s’ils n’ont jamais fait de vélo, n’ont jamais vus, et c’est plutôt cool d’explorer un nouvel endroit à vélo. Je veux que les étudiants se sentent habilités à le faire. »
Au-delà de l’aspect ludique et exploratoire, le cours aborde des questions plus profondes, notamment les stéréotypes associés au cyclisme.
« Il existe ce stéréotype selon lequel un cycliste est généralement un homme blanc et valide de la classe moyenne supérieure. Je veux faire comprendre aux étudiants que ce n’est tout simplement pas le cas. Et comprendre la diversité des cyclistes peut aider à éclairer les décisions en matière d’infrastructures et de politiques publiques. »
Sylvie Baele, membre adjointe du corps professoral
Les étudiants ont ainsi calculé leur empreinte carbone et découvert le mouvement du critical mass, qui promeut l’utilisation du vélo en milieu urbain.
L’engagement de Sylvie Baele en faveur du cyclisme ne se limite pas à son enseignement. Elle est également directrice exécutive de l’association à but non lucratif Second Chance Bikes, qui fournit des vélos gratuits aux personnes dans le besoin. Elle a obtenu une maîtrise en administration publique et une maîtrise en sciences de l’environnement de l’université de Charleston en 2022, après avoir terminé son premier cycle en 2015.
Pour sa thèse de master, Baele a étudié l’impact du programme C5hange a Tire, Change a Life de Second Chance Bikes sur les personnes sans domicile fixe. Elle a mené des entretiens avec les participants et a été frappée par l’importance que les vélos avaient pour leur bien-être mental.
« J’ai découvert que beaucoup d’entre eux étaient vraiment convaincus des bienfaits du vélo sur la santé mentale. Ils ont dit des choses comme : ‘Je me sens simplement plus motivé pour quitter la maison.’ Ou : « Maintenant, je peux aller rendre visite à mes amis qui vivent de l’autre côté du quartier et rentrer chez moi rapidement et en toute sécurité. »
Sylvie Baele, directrice exécutive de Second Chance Bikes
Baele espère que son cours permettra aux étudiants de développer un sentiment de confiance, d’indépendance et de bien-être grâce à leur apprentissage du cyclisme.
« Mon objectif n’est pas que tous les étudiants tombent amoureux du vélo et se disent : “Je vais faire du vélo pour le reste de ma vie”. Je veux juste que peut-être quelques-uns l’essaient, ou sachent qu’ils le peuvent, et se sentent suffisamment en confiance pour faire les premiers pas. Et que d’autres fassent peut-être preuve d’un peu plus de tolérance lorsqu’ils conduisent et les encouragent à partager la route : c’est quelque chose que j’espère. »
Sylvie Baele, membre adjointe du corps professoral
