Publié le 18 novembre 2025 à 22h34. Pippo Zeffirelli, fils adoptif du célèbre réalisateur Franco Zeffirelli, évoque avec tendresse les étés passés en compagnie des jumelles Kessler à Positano, un lieu de fêtes et de souvenirs inoubliables.
Pippo Zeffirelli se souvient avec émotion de plus de cinquante années passées en compagnie d’Alice et Ellen Kessler, que son père, Franco Zeffirelli, a adoptées en 1999 avec Luciano. Leur rencontre remonte à une époque où elles fréquentaient le cercle de personnalités artistiques gravitant autour du réalisateur.
« Elles sont arrivées à Rome grâce à Umberto Orsini, avec qui elles avaient travaillé au théâtre, et à Enrico Maria Salerno, fiancé à Ellen et Alice », raconte Pippo Zeffirelli. « Elles venaient passer l’été à Castiglioncello, dans la villa que Franco vendit plus tard à Mastroianni, et bien sûr, à Positano. »
La Villa Azzurra, l’une des trois propriétés de Franco Zeffirelli, était leur refuge estival. « Carla Fracci était souvent présente », se souvient Pippo Zeffirelli. « Les Kessler occupaient une chambre dédiée et pouvaient y séjourner jusqu’à cinq semaines. »
La vie à Positano était simple et conviviale. « Nous nous réunissions pour manger, à l’heure de la cloche. Elles, en parfaites Allemandes, étaient toujours les premières à se présenter », décrit-il. « Elles appréciaient particulièrement les fritures et les produits frais du jardin, et se présentaient en bikini, avec un paréo. Le soir, quelques conversations animées, mais toujours avec mesure. »

Les jumelles Kessler avaient une routine bien établie. « Le matin, elles faisaient de la gymnastique à la même heure chaque jour, c’était une véritable horloge », explique Pippo Zeffirelli. Elles aimaient également jouer à la canasta et raconter des anecdotes. Leur cercle d’amis était prestigieux : Eduardo, Bernstein, Noureev, Gregory Peck et Laurence Olivier ont tous croisé leur chemin à la Villa Azzurra.
« Il y avait même une célèbre dispute entre Luciano et Noureev, qui, furieux par un flirt infructueux, a dévasté une partie du salon », se souvient-il. Les jumelles ont également assisté à une représentation d’Eduardo mise en scène par Franco Zeffirelli à Londres.
Les conversations étaient variées, allant des difficultés familiales à des anecdotes sur des célébrités comme Don Lurio ou Frank Sinatra, décrit comme « adorable mais irascible ». Elles évoquaient également des contrats avec la RAI qui leur imposaient certaines contraintes.
Pippo Zeffirelli décrit Alice comme la plus extravertie des deux, mais aussi la plus fragile. Lors de sa dernière visite, il a trouvé Ellen particulièrement déprimée. « Elles m’ont confié que si l’une d’elles devait arriver quelque chose, l’autre se suiciderait », révèle-t-il avec tristesse.
