Publié le 7 novembre 2025 19h30. Une étude révèle que le risque de diabète de type 1 chez les enfants varie considérablement selon que la mère ou le père est atteint de la maladie, suggérant un rôle protecteur de l’environnement intra-utérin et des modifications épigénétiques.
- Les enfants dont la mère est atteinte de diabète de type 1 présentent un risque plus faible de développer la maladie que ceux dont le père ou un frère et une sœur sont atteints.
- Des changements épigénétiques dans le sang des enfants dont les mères ont eu un diabète de type 1 pendant la grossesse pourraient expliquer cet effet protecteur.
- Les chercheurs ont identifié des marqueurs d’ADN spécifiques liés à une diminution du risque d’auto-immunité des îlots pancréatiques.
Le diabète de type 1, une maladie auto-immune caractérisée par la destruction des cellules productrices d’insuline dans le pancréas, représente un défi majeur de santé publique. Les enfants ayant des antécédents familiaux de cette maladie présentent un risque accru de la développer, mais ce risque n’est pas uniforme au sein de la famille. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Metabolism, met en lumière des mécanismes épigénétiques qui pourraient expliquer pourquoi les enfants nés de mères diabétiques de type 1 semblent mieux protégés.
Les chercheurs de Helmholtz Munich, en collaboration avec la Plateforme mondiale pour la prévention du diabète auto-immune (GPPAD) et l’Université technique de Dresde, ont analysé l’épigénome – l’ensemble des modifications chimiques de l’ADN qui influencent l’expression des gènes – d’un large échantillon d’enfants à risque. Ils ont comparé les modèles de méthylation de l’ADN, un mécanisme épigénétique clé, entre 790 enfants dont la mère était atteinte de diabète de type 1 et 962 enfants sans antécédents maternels de la maladie.
Leur analyse a révélé des différences significatives dans la méthylation de plusieurs régions génétiques, notamment dans le groupe de gènes HOXA et dans la région du CMH (Complexe Majeur d’Histocompatibilité), considérée comme le gène le plus important pour la susceptibilité et la protection contre le diabète de type 1. Ces changements épigénétiques semblent liés à l’expression de 15 gènes impliqués dans le fonctionnement du système immunitaire.
« Nous avons observé des changements dans la méthylation de l’ADN au niveau de plusieurs gènes à risque de diabète de type 1 chez les enfants nés de mères atteintes de diabète de type 1 », explique le professeur Sandra Hummel, chercheuse à l’Institut de recherche sur le diabète à Helmholtz Munich et dernière auteure de l’étude.
Professeur Sandra Hummel, Institut de recherche sur le diabète, Helmholtz Munich
Pour confirmer leurs résultats, les chercheurs ont développé un score de risque de méthylation basé sur 34 régions génétiques différentiellement méthylées. Ils ont constaté que les enfants ayant déjà développé une auto-immunité des îlots pancréatiques présentaient des scores significativement inférieurs, suggérant une protection épigénétique réduite.
Cette étude ouvre la voie à de nouvelles recherches visant à mieux comprendre les mécanismes par lesquels l’environnement intra-utérin, et en particulier le diabète maternel de type 1, peut influencer le risque de développer cette maladie auto-immune. Un projet de suivi, dirigé par Sandra Hummel, vise à identifier les gènes de risque de diabète de type 1 spécifiquement affectés par les modifications épigénétiques induites par le diabète maternel, et à déterminer si des effets similaires se produisent également chez les enfants de mères atteintes de diabète gestationnel.
Ce projet, soutenu par le Leona M. and Harry B. Helmsley Charitable Trust avec plus de 550 000 $ (environ 420 000 €), explorera également les biomarqueurs potentiels – protéines et métabolites – associés aux modèles de méthylation de l’ADN, afin de mieux comprendre comment ces changements moléculaires contribuent à la protection contre l’auto-immunité des îlots.
À propos des chercheurs
Dr Raffael Ott, Institut de recherche sur le diabète, Helmholtz Munich
Professeur Sandra Hummel, Institut de recherche sur le diabète, Helmholtz Munich
À propos de Helmholtz Munich
Helmholtz Munich est un centre de recherche biomédicale de premier plan dont la mission est de développer des solutions innovantes pour une société plus saine. Les équipes de recherche interdisciplinaires se concentrent sur les maladies d’origine environnementale, notamment le diabète, l’obésité, les allergies et les maladies pulmonaires chroniques. Grâce à l’intelligence artificielle et à la bio-ingénierie, les chercheurs accélèrent le transfert de leurs découvertes vers les patients. Helmholtz Munich compte environ 2 500 collaborateurs et son siège est à Munich/Neuherberg. Elle est membre de l’association Helmholtz, la plus grande organisation scientifique d’Allemagne. www.helmholtz-munich.de
Sources
Publication originale : Ott et al., 2025 : Les signatures du méthylome sanguin chez les enfants exposés au diabète maternel de type 1 sont liées à la protection contre l’auto-immunité des îlots. Nature Metabolism. https://www.nature.com/articles/s42255-025-01403-w
Légende : Le risque de diabète de type 1 chez les enfants varie en fonction du membre de la famille concerné. Source de l’image : Monika Gause pour www.diabsite.de.
dernière édition : 7 novembre 2025
