Publié le 20 février 2024. Google déploie massivement Gemini 3.0, sa nouvelle intelligence artificielle, dans tous ses services, y compris son moteur de recherche, promettant une compréhension plus fine des requêtes des utilisateurs. Cette avancée s’accompagne d’un avertissement du PDG Sundar Pichai concernant une possible surchauffe du marché de l’IA.
- Gemini 3.0 est désormais intégré à l’ensemble des services Google, notamment la recherche, où il alimente déjà l’outil “Aperçu par l’IA” pour environ 13 milliards de requêtes quotidiennes.
- Selon Google, ce nouveau modèle surpasse ses concurrents, OpenAI, Meta et X.ai, en matière de logique et de capacités multimodales (texte, images, vidéos, audio, code).
- Sundar Pichai met en garde contre une “irrationalité” dans l’euphorie actuelle autour de l’IA, affirmant qu’aucune entreprise, y compris Google, ne serait à l’abri d’un éventuel éclatement de la bulle.
Google a lancé mardi la dernière version de son intelligence artificielle, Gemini. Contrairement aux déploiements précédents, l’entreprise a choisi d’intégrer immédiatement Gemini 3.0 à l’ensemble de son écosystème, une première qui témoigne de la confiance de Google dans les capacités de son nouveau modèle de langage.
Avec environ deux milliards d’utilisateurs mensuels, Gemini est déjà le système d’IA le plus utilisé au monde en termes de volume de requêtes, selon Google. L’intégration à la recherche se traduit par l’amélioration de l’outil “Aperçu par l’IA”, qui vise à fournir des réponses plus pertinentes et plus complètes aux questions des utilisateurs.
« C’est la première fois que nous déployons Gemini dans la recherche dès le premier jour »,
Sundar Pichai, PDG de Google
Sundar Pichai souligne que Gemini 3.0 a été conçu pour saisir la complexité et les nuances des requêtes, qu’il s’agisse de décrypter des idées créatives ou de résoudre des problèmes complexes. L’objectif est de permettre aux utilisateurs d’obtenir les résultats souhaités avec moins d’efforts.
Google affirme que Gemini 3.0 est significativement plus performant que ses prédécesseurs en matière de raisonnement logique. Des benchmarks publiés en ligne suggèrent qu’il surpasse également les modèles d’OpenAI, Meta et X.ai. Le modèle est capable de traiter différents types de données – texte, images, vidéos, audio et code informatique – et peut assister les utilisateurs dans des tâches d’apprentissage, de planification et de programmation.
Demis Hassabis, directeur de Google DeepMind, considère ce nouveau modèle comme « une étape majeure vers l’intelligence artificielle générale ». Pour les utilisateurs, cela se traduit par des fonctionnalités de recherche et d’apprentissage plus interactives, qui ne se contentent pas de fournir des informations, mais les contextualisent et les expliquent visuellement.
Google insiste également sur les aspects de sécurité, affirmant que Gemini 3.0 est le système d’IA du groupe ayant fait l’objet des tests les plus rigoureux à ce jour.
Le déploiement simultané de Gemini 3.0 sur toutes les plateformes de Google pourrait indiquer que l’entreprise dispose d’une capacité de calcul importante dans ses centres de données, ou qu’elle a des ressources disponibles suite à un accord conclu en juin dernier avec OpenAI pour la fourniture de puissance de calcul.
Google a optimisé ses modèles d’IA pour fonctionner efficacement sur ses propres puces Tensor, ce qui lui permettrait de réduire les coûts d’inférence par rapport à ses concurrents qui dépendent des puces Nvidia, plus onéreuses. La rentabilité des grands modèles de langage reste toutefois une question ouverte, compte tenu de leurs besoins importants en termes de performances et d’énergie.
Lors d’une récente interview accordée à la BBC, Sundar Pichai a exprimé son inquiétude face à une possible surchauffe du marché de l’IA, reconnaissant une certaine « irrationalité » dans l’enthousiasme actuel. Il a averti qu’aucune entreprise ne serait à l’abri d’un éventuel retournement de situation.
