Publié le 14 novembre 2025 à 07h46. Une équipe de journalistes japonais a enquêté sur des réseaux d’escroquerie ciblant des ressortissants japonais au Cambodge, révélant des conditions de travail déplorables et un système d’exploitation financier. L’ambassade du Japon à Phnom Penh signale une augmentation constante des demandes d’aide de la part de victimes.
- Des médias japonais ont mené une enquête approfondie sur des bases d’escrocs à Sihanoukville, Phnom Penh et Prey Veng.
- Les victimes japonaises sont attirées au Cambodge sous de faux prétextes et forcées de travailler dans des centres d’appels frauduleux.
- L’ambassade du Japon constate une recrudescence des demandes d’assistance de la part de citoyens japonais piégés par ces réseaux.
Suite au témoignage d’un Japonais ayant réussi à s’échapper d’un réseau d’escrocs et s’étant réfugié à l’ambassade du Japon à Phnom Penh, la chaîne de télévision Fuji TV a décidé de mener une enquête sur le terrain. L’équipe de journalistes a découvert que des citoyens japonais étaient attirés au Cambodge avec la promesse d’emplois lucratifs, mais se retrouvaient piégés dans des opérations d’escroquerie à grande échelle.
Selon les témoignages recueillis, les victimes sont contraintes de travailler comme opérateurs de centres d’appels, se faisant passer pour des fonctionnaires afin d’escroquer d’autres personnes. Elles sont logées dans des maisons de luxe équipées de commodités telles que piscines et balcons, mais leur liberté est fortement restreinte. Le contrôle de ces opérations est assuré par des individus d’origine chinoise.
Un ancien employé a révélé qu’un salaire initial attractif de 1 200 000 yens (environ 250 000 bahts) était assorti de déductions sévères pour tout manquement, allant des retards aux disputes en passant par les absences imprévues. Ces déductions pouvaient parfois annuler complètement le salaire perçu. Plus de 100 autres Japonais seraient actuellement retenus dans la région de Prey Veng, près de la frontière vietnamienne, où la surveillance est moins stricte.
L’enquête de Fuji TV a également révélé que de nombreux bâtiments en construction à Sihanoukville et Phnom Penh, initialement destinés à d’autres usages, ont été réquisitionnés par les réseaux d’escrocs. Certains de ces bâtiments sont inachevés ou abandonnés, tandis que d’autres semblent avoir été désertés suite à l’intervention des autorités. Les journalistes ont également constaté une détérioration des conditions de vie et de la sécurité à Sihanoukville.
Interrogé sur l’ampleur du problème, l’ambassadeur du Japon à Phnom Penh, Atsushi Ueno, a déclaré :
« L’ambassade reçoit un nombre important de cas, il est donc difficile de donner un chiffre précis. Cependant, il est clair que de nombreux Japonais, victimes d’escroqueries, viennent demander notre aide, et ce, presque chaque semaine. »
Atsushi Ueno, ambassadeur du Japon à Phnom Penh
Cette enquête met en lumière l’urgence de la situation et la nécessité d’une coopération internationale pour démanteler ces réseaux criminels et protéger les citoyens japonais vulnérables.
