Un juge fédéral a bloqué temporairement jeudi le déploiement de la Garde nationale à Chicago par l’administration Trump, estimant que le gouvernement n’avait pas démontré la nécessité d’une telle intervention face aux manifestations en cours devant un centre de détention pour immigrés. Cette décision intervient alors que les tensions s’intensifient autour de la politique migratoire du président américain.
À retenir
- Un juge a empêché l’administration Trump de déployer des soldats de la Garde nationale à Chicago sans l’accord du gouverneur de l’Illinois.
- Le juge a exprimé des doutes sur la fiabilité des informations fournies par le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) concernant le niveau de menace.
- L’ordonnance d’interdiction temporaire de 14 jours pourrait être prolongée, et l’administration Trump prévoit de faire appel.
Contexte
La décision de la juge April Perry fait suite à une action en justice intentée par l’État de l’Illinois et la ville de Chicago contre le déploiement envisagé de 500 membres de la Garde nationale. Le DHS justifiait cette mesure par la nécessité de protéger les agents fédéraux d’immigration et les installations, en raison de manifestations parfois violentes devant le centre de détention ICE de Broadview, situé à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Chicago. L’administration Trump avait déjà envoyé des troupes de la Garde nationale du Texas en Illinois, malgré les appels à la prudence du juge lundi.
Selon le DHS, l’opération “Midway Blitz” a conduit à l’arrestation de plus de 1 000 personnes à Chicago et dans sa banlieue. Cependant, la juge Perry a souligné que les preuves présentées par le gouvernement ne justifiaient pas un déploiement de la Garde nationale, estimant que les manifestations n’atteignaient pas le seuil de “rébellion” requis pour justifier une telle intervention.
Ce qui change
Pour l’instant, l’administration Trump ne peut pas ordonner aux troupes de la Garde nationale d’effectuer des “missions fédérales de protection” dans l’Illinois. Cela inclut les membres de la Garde nationale du Texas, déjà présents dans la région, et les 14 membres de la Garde nationale californienne envoyés pour former les troupes de l’Illinois. L’ordonnance d’interdiction temporaire de 14 jours entrera en vigueur immédiatement, et la juge Perry examinera ensuite si elle doit être prolongée.
Par ailleurs, un juge fédéral a accordé une ordonnance d’interdiction protégeant les manifestants et les journalistes lors des manifestations dans la région de Chicago, interdisant aux agents fédéraux d’arrêter des manifestants pacifiques ou des journalistes couvrant les manifestations, et d’utiliser des méthodes sévères de contrôle des foules.
Prochaines étapes
L’administration Trump prévoit de faire appel de la décision de la juge Perry, comme elle l’a déjà fait dans une affaire similaire en Oregon. La Cour d’appel du 9e circuit examinera l’affaire, et deux juges nommés par Trump se sont montrés favorables aux arguments selon lesquels le président devrait bénéficier d’une certaine latitude en matière de sécurité nationale. Une décision écrite de la juge Perry est attendue vendredi.
Chiffres clés
| Nombre de soldats de la Garde nationale envisagé | 500 |
|---|---|
| Nombre de personnes arrêtées lors de l’opération “Midway Blitz” | Plus de 1 000 |
Sources
Décision de la juge April Perry, palais de justice fédéral Dirksen, Chicago.
