Publié le 27 novembre 2025 à 13h03. La filiale américaine de raffinage de pétrole Citgo Petroleum, un atout stratégique pour le Venezuela, est sur le point d’être vendue à Amber Energy, une filiale d’Elliott Investment Management, pour 5,89 milliards de dollars (environ 5,4 milliards d’euros), malgré les risques d’appel.
- Amber Energy a remporté les enchères judiciaires pour l’acquisition de Citgo Petroleum avec une offre de 5,89 milliards de dollars.
- Bien qu’un appel soit possible, les experts estiment que les chances d’annulation de la vente sont minces.
- Le Venezuela pourrait tenter d’empêcher la vente via un décret de l’ancien président américain Donald Trump.
Le tribunal de district du Delaware, sous la direction du juge Leonard Stark, a validé mardi l’offre d’Amber Energy, estimant qu’elle représentait « la meilleure combinaison de prix et de certitude de clôture ». Le juge a rejeté les objections formulées par d’autres créanciers, leur accordant un délai jusqu’au 28 novembre pour soumettre leurs dernières réclamations avant de rendre l’ordonnance définitive de vente.
Cette décision marque un tournant dans un litige qui dure depuis près d’une décennie et implique des sommes considérables. Citgo, filiale de raffinage de Petróleos de Venezuela (PDVSA), a été compromise depuis 2016, lorsque le gouvernement vénézuélien a mis en garantie 50,1 % des actions de Citgo Holdings dans le cadre d’un refinancement obligataire qui n’a pas été approuvé par l’Assemblée nationale. Le défaut de paiement qui a suivi a déclenché une série de poursuites judiciaires aux États-Unis, aboutissant à la mise aux enchères des actifs de Citgo pour indemniser les créanciers.
L’avocat et ancien ambassadeur du gouvernement intérimaire au Canada, Orlando Viera-Blanco, a souligné que la décision du juge Stark est susceptible de faire l’objet d’un appel devant la Cour d’appel du Delaware. Si cette cour confirme la sentence, un ultime recours devant la Cour suprême des États-Unis serait encore possible, selon les médias.
L’économiste José Guerra estime qu’une autre voie pourrait être explorée : un décret de l’ancien président Donald Trump adressé à l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’agence américaine chargée de la gestion des sanctions économiques. Ce décret pourrait accorder une immunité à Citgo ou bloquer le processus de transfert.
« Mon impression aujourd’hui est que cette affaire est perdue. Il ne reste qu’une lettre, et elle est entre les mains du président Donald Trump si ce processus continue. »
José Guerra, économiste
Guerra a averti que la vente de Citgo profiterait principalement aux principaux créanciers impliqués dans l’affaire, tels que Crystallex, ConocoPhillips et les détenteurs d’obligations PDVSA 2020. Il considère que le prix de vente de 5,89 milliards de dollars « ne constitue pas une option favorable » pour le Venezuela. Il attribue cette situation au cycle d’endettement accéléré initié sous le gouvernement d’Hugo Chávez et aggravé par Nicolás Maduro.
« Les décisions fondamentales ne sont pas entre les mains des Vénézuéliens. Hugo Chávez nous a conduits à cette tragédie et Nicolás Maduro a aggravé la crise. »
José Guerra, économiste
Depuis 2019, Citgo opère dans un contexte de restrictions et de sanctions en raison des tensions politiques entre Washington et le gouvernement de Nicolás Maduro. Malgré ces difficultés, l’entreprise a continué à générer des revenus grâce à ses raffineries et à son réseau de stations-service aux États-Unis, selon des informations rapportées par Bloomberg. La vente de Citgo représente donc un point culminant dans ce long conflit juridique et financier.
