La course à la succession de Gavin Newsom à la tête de la Californie s’annonce déjà mouvementée, marquée par des revirements et une incertitude grandissante. Alors que les candidatures officielles doivent être déposées dans quelques semaines, le paysage politique californien est en pleine mutation, avec des candidats qui entrent et sortent de la course, et d’autres qui pourraient se lancer à tout moment.
À retenir
- Plusieurs figures politiques ont déjà annoncé leur candidature, mais aucune ne semble avoir une avance décisive.
- Les défis auxquels le prochain gouverneur devra faire face sont considérables, allant de la crise de l’eau aux problèmes de logement et d’éducation.
- L’incertitude règne quant à la participation de certains potentiels candidats, comme l’ancienne vice-présidente Kamala Harris et le milliardaire Tom Steyer.
L’élection de 2025 s’annonce complexe, d’autant plus que le gouverneur sortant, Gavin Newsom, devrait se concentrer sur une éventuelle campagne présidentielle. Les problèmes majeurs qui ont caractérisé son mandat – pénurie d’eau, difficultés scolaires, crise du logement, sans-abrisme, coût de la vie élevé et déséquilibre budgétaire – restent non résolus, voire se sont aggravés. Le prochain dirigeant devra donc relever des défis de taille.
Parmi les candidats ayant déjà officialisé leur candidature, on retrouve Katie Porter, ancienne membre du Congrès, Antonio Villaraigosa, ancien maire de Los Angeles, et Xavier Becerra, ancien procureur général et membre du Congrès. Cependant, leur capacité à lever les fonds nécessaires pour mener une campagne ambitieuse est compromise par l’incertitude quant à l’arrivée de nouveaux concurrents. Les candidats moins connus, tels que Tony Thurmond, surintendant des écoles publiques, Betty Yee, ancienne contrôleure, et Ian Calderon, ancien député, sont particulièrement désavantagés.
Du côté républicain, Chad Bianco, shérif du comté de Riverside, et Steve Hilton, ancien conseiller politique, se présentent comme les figures de proue. Leur succès dépendra de leur capacité à se positionner en deuxième place lors du premier tour des primaires en juin, afin de pouvoir affronter les deux candidats démocrates les plus populaires au second tour en novembre.
L’homme d’affaires Rick Caruso, qui a changé d’affiliation politique en passant du républicain au démocrate, est également pressenti comme un possible candidat. Tom Steyer, un autre milliardaire, a récemment investi des sommes considérables dans une campagne en faveur de la Proposition 50, une réforme du découpage électoral du Congrès initiée par Newsom, ce qui laisse penser qu’il pourrait se lancer dans la course.
Le député Eric Swalwell, connu pour ses critiques virulentes à l’égard de l’ancien président Donald Trump, pourrait également se présenter. Son engagement à dénoncer les actions de Trump pourrait lui valoir le soutien des électeurs qui désapprouvent fermement l’ancien président.
Une surprise a marqué la semaine dernière avec le retrait inattendu du procureur général Rob Bonta, qui avait pourtant l’habitude de faire des annonces quasi quotidiennes. Il a finalement déclaré qu’il se présenterait aux élections, expliquant son revirement par l’absence de candidat démocrate clairement favori.
Un récent sondage réalisé par l’Institute of Governmental Studies de l’UC-Berkeley révèle que Katie Porter arrive en tête chez les électeurs démocrates inscrits, avec 11 % des intentions de vote. Cependant, Chad Bianco se positionne comme le candidat le plus populaire dans l’ensemble, avec 13 % des voix. Ces chiffres faibles témoignent d’une situation très ouverte, où aucun candidat ne semble avoir une longueur d’avance significative.
Contexte
La Californie a traditionnellement été un État difficile à gouverner, en raison de sa taille, de sa diversité et de ses défis économiques et sociaux. Après la Seconde Guerre mondiale, les aspirants gouverneurs commençaient généralement à préparer leur campagne au moins deux ans à l’avance, en raison de la complexité de l’organisation et de la collecte de fonds.
Ce qui change
La campagne pour la succession de Gavin Newsom aura un impact majeur sur l’avenir de la Californie. Les choix des électeurs détermineront la direction que prendra l’État pour les prochaines années, en particulier en ce qui concerne les questions cruciales de l’eau, du logement, de l’éducation et de l’économie.
Prochaines étapes
Les prochaines semaines seront cruciales, avec l’ouverture prochaine des candidatures et l’éventuelle entrée en lice de nouveaux candidats. Il faudra surveiller de près l’évolution du paysage politique et les stratégies de financement des différents prétendants.
