Publié le 10 novembre 2025. Deux initiatives d’entreprises sociales, Fleximart et Kesum, lancées récemment en Malaisie, ambitionnent de bouleverser le secteur du commerce de détail en offrant des alternatives aux grandes chaînes et en promouvant une économie plus équitable.
- Fleximart et Kesum visent à créer un modèle commercial autosuffisant, indépendant de l’aide gouvernementale.
- L’objectif est de remettre en question le contrôle des prix exercé par les principaux producteurs et distributeurs.
- Ces projets pilotes, actuellement limités à Shah Alam et Pandan Indah, serviront de base à un éventuel déploiement à plus grande échelle.
L’ancien ministre de l’Économie, Datuk Seri Rafizi Ramli, est à l’origine de ces initiatives qui s’inscrivent dans une démarche d’entreprise sociale. Contrairement aux ventes Rahmah, une initiative gouvernementale axée sur des réductions ponctuelles, Fleximart et Kesum proposent une approche plus fondamentale, visant à transformer durablement le paysage commercial malaisien.
Selon Rafizi, il s’agit de bâtir un écosystème commercial capable de se financer lui-même tout en contestant le statu quo de la fixation des prix.
« L’objectif est de créer un écosystème commercial capable de se suffire à lui-même et, en même temps, de remettre en question le statu quo de la détermination des prix contrôlé par une poignée de producteurs et de distributeurs puissants »
Datuk Seri Rafizi Ramli, ancien ministre de l’Économie
La stratégie repose sur deux axes principaux : l’offre d’emplois et l’accès à des biens de première nécessité à des prix plus abordables, et la stimulation de la concurrence afin d’inciter les acteurs majeurs du secteur à revoir leurs politiques tarifaires. L’initiative ne se limite pas à l’ouverture de magasins à bas prix, mais constitue une véritable expérience sociale pour évaluer la capacité d’un modèle d’entreprise axé sur l’humain à influencer le marché.
Pour l’heure, Fleximart et Kesum sont en phase pilote, avec deux points de vente opérationnels situés dans les quartiers de Section 7 à Shah Alam et de Pandan Indah. Ces premières unités serviront de banc d’essai pour déterminer la viabilité et la pérennité du concept d’entreprise sociale.
Si le réseau parvient à se développer et à atteindre l’autonomie financière, il pourrait contribuer à rééquilibrer les forces en présence sur le marché, en garantissant que les prix reflètent les besoins des consommateurs plutôt que les intérêts de quelques acteurs monopolistiques. Cependant, les analystes soulignent que le succès d’un tel modèle ne peut être évalué rapidement et nécessite un suivi rigoureux, des données transparentes, des politiques publiques favorables et un engagement constant envers les principes fondateurs.
Le véritable défi consistera à étendre l’initiative au-delà des zones urbaines pour toucher les populations des banlieues et des régions rurales, et ainsi réduire les inégalités d’accès et de pouvoir d’achat. Les Malaisiens aspirent depuis longtemps à un marché plus juste et plus équilibré. Si Fleximart et Kesum parviennent à rétablir cet équilibre, elles pourraient marquer le début d’une nouvelle ère pour le commerce de détail en Malaisie, plus humaine et plus équitable.
