À 31 ans, l’actrice Joséphine Japy attend son premier enfant, une nouvelle qui prend une résonance particulière au regard de l’histoire familiale qu’elle porte depuis des années. L’annonce intervient après une longue période d’incertitude liée à la maladie rare de sa sœur cadette, Bertille.
Lors d’une interview sur France 2 le 6 décembre dernier, Joséphine Japy s’est confiée avec émotion sur le diagnostic de Bertille, révélant un épisode déterminant pour toute la famille. Après vingt-cinq ans d’errance médicale, Bertille a finalement été diagnostiquée à l’âge de 27 ans de Joséphine avec le syndrome de Phelan-McDermid, une anomalie génétique rare liée au chromosome 22, entraînant un retard global du développement.
La nouvelle a apporté un soulagement immense, mais aussi une prise de conscience profonde pour Joséphine. Sa mère lui avait alors annoncé trois choses essentielles : Bertille allait vivre, malgré un pronostic initial incertain ; elle était consciente de l’amour inconditionnel que lui portait sa famille ; et, surtout, Joséphine ne portait pas le gène responsable de la maladie. « J’ignorais à quel point viscéralement j’attendais ce coup de fil. Il n’a pas changé le quotidien mais notre vie », a-t-elle expliqué à Libération.
Cette certitude a été libératrice pour Joséphine, qui nourrissait depuis longtemps des interrogations sur sa propre capacité à devenir mère. « Ça a été essentiel. Ça a changé ma vie. C’est quelque chose que je portais depuis tellement d’années, cette incertitude de ce qu’allait peut-être être la maternité pour moi, quelle forme ça allait prendre », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté : « Aujourd’hui, je suis devant vous, je sors un film sur cette histoire et j’attends un enfant. C’est très fort. »
L’actrice a décrit le lien unique qui l’unit à sa sœur Bertille, une relation forgée dès l’enfance. Aînée d’une famille de trois filles, Joséphine partageait sa chambre avec Bertille lorsqu’elle était petite, et se souvient de leurs « rendez-vous nocturnes ». « Nous avions des rendez-vous nocturnes, c’était la gardienne de mes secrets, je lui disais que je la protégerai toujours », a-t-elle confié avec tendresse. Elle a également évoqué le sentiment d’avoir vécu une responsabilité précoce, ainsi que la culpabilité qui pouvait l’assaillir.
Après le diagnostic de Bertille, Joséphine a entrepris un travail d’écriture qu’elle a intitulé « l’apprivoisement de l’inapprivoisable », un cheminement personnel nécessaire pour affronter les émotions et les questions qu’elle avait longtemps refoulées. « Longtemps j’ai eu l’impression que je ne connaîtrais rien de plus fort que ce rapport de sororité », a-t-elle résumé, soulignant l’intensité de ce lien fraternel.
