Publié le 26 février 2024 14h35. Une proposition de retrait du nom de Chaim Herzog d’un parc de Dublin a suscité une vive controverse, ravivant les tensions diplomatiques entre l’Irlande et Israël et mettant en lumière les profondes divisions au sein de la société irlandaise concernant le conflit israélo-palestinien.
- Le conseil municipal de Dublin a finalement renoncé à voter sur la proposition de renommer le parc Herzog, invoquant des irrégularités procédurales.
- La décision a été vivement critiquée par Israël, qui a accusé l’Irlande d’antisémitisme.
- La minorité juive irlandaise s’est élevée contre ce qu’elle considère comme une tentative d’effacer une partie de son histoire.
La proposition de retirer le nom de Chaim Herzog, sixième président d’Israël, d’un parc du sud de Dublin a été initiée par le comité des monuments du conseil municipal. L’objectif affiché était d’afficher une solidarité avec les Palestiniens suite à l’offensive israélienne dans la bande de Gaza. Cependant, cette initiative a rapidement provoqué une levée de boucliers, tant au sein de la communauté juive irlandaise qu’auprès du gouvernement israélien.
Le grand rabbin d’Irlande, Yoni Wieder, a exprimé sa profonde préoccupation, soulignant l’importance historique de la famille Herzog pour la communauté juive irlandaise. Il a rappelé que Chaim Herzog était né à Belfast et avait passé une partie de son enfance à Dublin, étant le fils du premier grand rabbin d’Irlande, Yitzchak Halevi Herzog. Selon lui, la famille Herzog incarne un pont entre les deux cultures. Il a également mis en avant les similitudes entre les luttes pour l’indépendance de l’Irlande et d’Israël, deux petites nations ayant résisté à la domination britannique.
La controverse intervient dans un contexte de forte opinion publique irlandaise favorable à la cause palestinienne. De nombreux Irlandais établissent un parallèle entre la situation des Palestiniens et leur propre histoire de lutte pour l’autodétermination. L’Irlande a d’ailleurs été l’un des premiers pays européens à reconnaître un État palestinien indépendant, une décision vivement critiquée par Israël qui a qualifié cette reconnaissance de politique anti-israélienne extrême et a annoncé la fermeture de son ambassade à Dublin.
Le bureau du président israélien actuel, Yitzchak Herzog, fils de Chaim Herzog, a réagi avec virulence à la proposition dublinoise. Sur le réseau X (https://x.com/IsraelPresident/status/1994807066632855572), il a dénoncé une initiative « honteuse et scandaleuse ». Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est allé plus loin, accusant l’Irlande d’être devenue « le premier pays antisémite au monde », selon l’agence Reuters.
Finalement, le maire de Dublin, Ray McAdam, a annoncé le retrait de la proposition de l’ordre du jour du conseil municipal. Le chef du Conseil, Richard Shakespeare, a confirmé que la question ne pouvait pas être soumise au vote en raison de manquements à la procédure légale. Malgré ce retrait, la polémique reste vive et témoigne des tensions persistantes liées au conflit israélo-palestinien et à sa répercussion sur la scène internationale.
