Publié le 5 décembre 2025 à 12h42. Alors que la saison grippale bat son plein, un expert rappelle qu’il est crucial de distinguer la grippe des autres infections virales, notamment en ce qui concerne le traitement et la pertinence de la vaccination.
- La grippe se caractérise par une fièvre élevée, des courbatures et des problèmes respiratoires, tandis que d’autres virus peuvent provoquer des symptômes gastro-intestinaux tels que la diarrhée et les vomissements.
- Les antibiotiques sont inefficaces contre les virus, et leur utilisation inappropriée peut favoriser l’antibiorésistance.
- La vaccination reste le moyen le plus efficace de se protéger contre la grippe, même si elle ne garantit pas une immunité à 100 %.
Il est important de bien définir ce que l’on entend par « grippe ». Selon l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies), la grippe se manifeste par l’apparition soudaine de symptômes tels que de la fièvre (ou une forte fièvre), un état général de malaise, des maux de tête et des douleurs musculaires. Au moins un symptôme respiratoire – toux, mal de gorge ou difficultés respiratoires – doit également être présent. Les manifestations qui s’écartent de ce tableau, comme des troubles intestinaux prédominants, relèvent alors d’infections causées par d’autres virus, souvent qualifiées de pseudo-grippales ou para-grippales.
Qu’est-ce qui distingue ces deux types d’infections ? Une analyse en laboratoire (un test coûte quelques euros) permet de déterminer si l’infection est due au virus de la grippe, au Covid-19 ou à un autre virus. En cas de grippe, des antiviraux spécifiques peuvent être prescrits, en particulier aux personnes vulnérables (âgées ou souffrant de pathologies cardiaques, respiratoires ou immunitaires). Le traitement sera différent si le test est positif au Covid-19. Il n’existe pas d’antiviraux spécifiques pour les formes grippales non compliquées.
L’utilisation d’antibiotiques contre la grippe ou d’autres infections virales est déconseillée. Les antibiotiques n’ont aucun effet sur les virus. Cependant, après deux ou trois jours d’observation, et si le test grippal/Covid est négatif, un médecin peut envisager de prescrire des antibiotiques en cas de surinfection bactérienne.
Certaines personnes hésitent à se faire vacciner contre la grippe, même si elles appartiennent aux catégories recommandées, estimant que leur système immunitaire les protège suffisamment car elles n’ont pas été malades ces dernières années. Cette idée est fausse. L’immunité contre la grippe n’est pas permanente. Les virus de la grippe évoluent chaque année, et une infection antérieure ne garantit pas une protection contre les souches circulantes.
Il est également erroné de penser qu’une vaccination l’année précédente suffit à éviter la maladie. Une infection survenue en hiver peut ne pas être due à la « vraie » grippe, mais à un syndrome viral similaire. De nombreux virus circulent en hiver et provoquent des rhinites, des trachéites et des laryngites.
Attraper la grippe n’est pas bénéfique. Des études scientifiques montrent qu’un épisode grippal peut augmenter le risque de pathologies cardiaques pendant la convalescence.
Il est encore temps de se faire vacciner. Le pic de l’épidémie se situe généralement vers la mi-janvier. Une vaccination aujourd’hui offre une protection après environ dix jours.
(Emanuele Nicatri, directeur de l’unité de soins intensifs de l’Institut Spallanzani des maladies infectieuses, a répondu aux questions du Corriere della Sera.)
