Publié le 2025-09-24 10:30:00. Une nouvelle vague de millionnaires quitte leur pays d’origine, et le Canada, autrefois refuge prisé, voit son attractivité diminuer face à une concurrence fiscale et réglementaire accrue.
- Quelque 128 000 millionnaires devraient changer de résidence cette année, un chiffre record.
- Les Émirats arabes unis sont la destination privilégiée, attirant environ 14 200 nouveaux millionnaires.
- Le Canada, bien qu’attirant toujours certains investisseurs, glisse hors du top 10 des destinations les plus populaires.
La mobilité des grandes fortunes s’accélère à l’échelle mondiale, selon le rapport Henley Private Wealth Migration 2025. Cette année, environ 128 000 millionnaires (soit l’équivalent de 128 milliards de dollars américains) devraient quitter leur pays d’origine, un record qui témoigne d’une recherche accrue de stabilité financière et de conditions fiscales plus favorables.
Si le Canada continue d’attirer une partie de ce flux, notamment grâce à sa stabilité politique, à la qualité de son système éducatif et à son accès universel aux soins de santé, il est également confronté à un exode croissant de ses propres millionnaires, entrepreneurs et investisseurs. Ces départs sont motivés par la lourdeur de la fiscalité, le coût de la vie en hausse et un climat d’investissement jugé moins favorable.
Les Émirats arabes unis (EAU) se positionnent comme la destination la plus prisée en 2025, avec une prévision de 14 200 nouveaux millionnaires. L’Australie, les États-Unis, Singapour et la Suisse complètent le top 5, ayant mis en place des politiques fiscales et d’immigration attractives pour les capitaux mobiles.
À l’inverse, des pays traditionnellement puissants comme le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde et le Canada devraient enregistrer une perte de richesses. Les analystes attribuent ces départs à la polarisation politique, aux impôts élevés et aux incertitudes liées aux politiques intérieures.
« Cette migration de richesses n’est pas motivée par la santé de l’économie mondiale en soi, mais par des conditions défavorables dans les pays d’origine et des conditions favorables dans les pays de destination. »
Areef Suleman, auteur du rapport et directeur de la recherche économique et des statistiques à l’Institut de la Banque islamique de développement (BID)
Selon le Dr Juerg Steffen, PDG de Henley & Partners, ce phénomène s’inscrit dans une « grande fuite des richesses », où « les capitaux, les talents et l’influence sont tous réaffectés vers des pays qui construisent délibérément des écosystèmes pour les attirer ».
Le Canada, autrefois considéré comme un havre de paix pour les fortunes, a perdu de son attractivité et n’apparaît plus dans le top 10 des destinations privilégiées par les personnes fortunées. Bien qu’il continue d’attirer des investisseurs immigrants d’Asie et du Moyen-Orient, notamment grâce aux visas d’affaires et d’études, l’exode des Canadiens fortunés s’intensifie.
Les pays qui réussissent à attirer les richesses, comme l’Australie, les Émirats arabes unis et Singapour, ont mis en place des « environnements de richesse à haute confiance et à faible friction », caractérisés par des procédures d’immigration simplifiées, des droits de propriété solides et des politiques fiscales stables qui encouragent le réinvestissement.
« Les citoyennetés alternatives et les droits de résidence sont devenus une classe d’actifs inestimable dans le portefeuille d’un investisseur international, offrant une passerelle vers des opportunités financières et un tampon contre l’incertitude économique et géopolitique. »
Christian Kaelin, président de Henley & Partners
Pour inverser cette tendance, le Canada devra clarifier sa position budgétaire et adopter des politiques favorisant l’entrepreneuriat, en encourageant les investissements privés, en simplifiant les programmes de résidence et en soutenant les pôles d’innovation au-delà des grandes métropoles. Ne pas le faire pourrait entraîner une érosion de la base de capital qui soutient la croissance économique et avoir des conséquences sur la création d’emplois, le financement des start-ups et le financement des services publics.
L’histoire économique du Canada a toujours été marquée par la mobilité. À l’heure où la richesse elle-même devient de plus en plus mobile, les décideurs politiques canadiens sont confrontés à un choix crucial : le Canada sera-t-il une destination pour les opportunités ou un point de départ pour l’ambition ?
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Rapport Henley Private Wealth sur la migration 2025 (1, 2, 6); Henley & Partners : Des millionnaires en mouvement alors que la croissance mondiale stagne (3, 4); Moyen (5)
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