Publié le 31 octobre 2025 01:11:00. Une vaste analyse révèle que des infections virales courantes, de la grippe au VIH en passant par le zona, peuvent augmenter significativement le risque de maladies cardiovasculaires, soulignant l’importance de la vaccination comme mesure de protection.
- Plusieurs virus courants, dont ceux responsables de la grippe, du COVID-19, du VIH, de l’hépatite C et du zona, sont associés à un risque accru de maladies coronariennes et d’accidents vasculaires cérébraux.
- La grippe, en particulier, multiplie par quatre le risque de crise cardiaque et par cinq le risque d’accident vasculaire cérébral dans le premier mois suivant l’infection.
- La vaccination apparaît comme une stratégie préventive clé, notamment contre la grippe et le zona.
Les maladies cardiovasculaires (MCV), qui incluent les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux, demeurent la principale cause de décès dans le monde, responsables de plus de 20 millions de décès en 2021. Les campagnes de santé publique se concentrent depuis longtemps sur la modification des facteurs de risque traditionnels tels que l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, le tabagisme et une mauvaise alimentation. Cependant, une étude récente met en lumière un facteur souvent négligé : le rôle des infections virales.
Publiée dans le Journal de l’American Heart Association, cette revue systématique et méta-analyse a synthétisé les données de 155 études différentes pour étudier les liens entre les agents pathogènes viraux et les MCV. Les chercheurs ont constaté que les infections virales peuvent déclencher ou accélérer le développement de maladies cardiaques.
Lorsqu’un virus envahit l’organisme, il déclenche une réponse inflammatoire intense. Cette inflammation systémique peut endommager la paroi interne des vaisseaux sanguins (dysfonctionnement endothélial) et favoriser la coagulation sanguine (état d’hypercoagulabilité). Dans le cas du COVID-19, un mécanisme supplémentaire impliquant les pièges extracellulaires à neutrophiles (NET), des réseaux d’ADN et de protéines libérés par les cellules immunitaires, a été identifié comme contribuant à la formation de caillots sanguins et de crises cardiaques. Chez les personnes présentant des plaques d’athérosclérose (durcissement des artères), cette réponse inflammatoire aiguë peut entraîner la rupture d’une plaque, provoquant ainsi une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.
L’étude a révélé que les infections aiguës, comme la grippe et le SARS-CoV-2 (COVID-19), ainsi que les infections chroniques, telles que le VIH, le virus de l’hépatite C (VHC) et l’herpès zoster (zona), augmentent le risque de maladies cardiovasculaires. La grippe confirmée en laboratoire était associée à une multiplication par quatre (IRR de 4,01) du risque d’infarctus aigu du myocarde (crise cardiaque) et à une multiplication par cinq (IRR de 5,01) du risque d’accident vasculaire cérébral au cours du premier mois suivant l’infection. Le risque était particulièrement élevé au cours des sept premiers jours, avec un risque d’infarctus multiplié par plus de sept (IRR de 7,20), mais diminuait considérablement pour atteindre un risque 1,87 fois plus élevé entre les 8e et les 14e jours.
Les infections au COVID-19 étaient également associées à un risque accru à long terme de maladies coronariennes (RR 1,74) et d’accident vasculaire cérébral (RR 1,69). Les études utilisant la méthode des séries de cas autocontrôlées (SCCS) ont confirmé le risque aigu, montrant une augmentation de 3,35 fois du risque de crise cardiaque au cours des 14 premières semaines. L’infection par le VIH était liée à un risque 60 % plus élevé de maladies coronariennes (RR 1,60) et à un risque 45 % plus élevé d’accident vasculaire cérébral (RR 1,45). Elle était également le seul virus pour lequel des preuves solides d’un risque accru d’insuffisance cardiaque (RR 1,89) ont été établies. Le VHC était associé à un risque 27 % plus élevé de maladies coronariennes (RR 1,27), à un risque 23 % plus élevé d’accident vasculaire cérébral (RR 1,23) et à un risque doublé de décès d’origine cardiovasculaire (RR 2,11).
Le zona, une réactivation du virus de la varicelle, était associé à un risque 12 % plus élevé de maladies coronariennes (RR 1,12) et à un risque 18 % plus élevé d’accident vasculaire cérébral (RR 1,18). Les données des SCCS ont montré que le risque d’accident vasculaire cérébral culminait entre une et trois semaines après l’infection (IRR 1,61). La revue n’a pas trouvé d’association positive entre le virus de l’hépatite B et a conclu que les preuves concernant le cytomégalovirus restaient insuffisantes, bien qu’un lien provisoire avec la mortalité cardiovasculaire ait été observé (RR 1,28).
Les chercheurs soulignent que des recherches supplémentaires sont nécessaires, en particulier dans les régions sous-représentées telles que l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est, qui sont fortement touchées par les maladies infectieuses et cardiovasculaires. La vaccination est présentée comme une stratégie préventive essentielle, avec des preuves d’essais cliniques soutenant l’efficacité des vaccins contre la grippe (réduction du risque de MCV de 34 %) et un potentiel prometteur avec les vaccins contre le zona.
Source :
- Kawai, K., Muhere, CF, Lemos, EV et Francis, JM (2025). Infections virales et risque de maladie cardiovasculaire : revue systématique et méta‐analyse. Journal de l’American Heart Association. DOI – 10.1161/JAHA.125.042670
