Londres – La ministre des Finances britannique, Rachel Reeves, se prépare à dévoiler mercredi un budget potentiellement marqué par de nouvelles hausses d’impôts, atteignant jusqu’à 30 milliards de livres sterling (environ 35 milliards d’euros). Cette annonce intervient un an après une série d’augmentations fiscales déjà significatives et dans un contexte économique fragilisé.
L’objectif affiché par le gouvernement est de consolider les finances publiques, de soutenir les services de santé et de relancer la croissance économique. « Je sais que les gens sont frustrés par le rythme du changement ou en colère contre l’injustice de notre économie », a déclaré Reeves avant la présentation du budget. « Je dois être honnête : les dégâts causés par l’austérité, un Brexit chaotique et la pandémie ont été pires que nous le pensions. »
Le budget de l’année dernière avait déjà généré 40 milliards de livres sterling (environ 47 milliards d’euros) de recettes supplémentaires grâce à des augmentations d’impôts, accompagnées de 70 milliards de livres sterling (environ 82 milliards d’euros) de nouvelles dépenses destinées à « réparer les fondations » de l’économie britannique. Cependant, ces fondations restent fragiles. Les prévisions de croissance pour l’année prochaine sont revues à la baisse, à environ 1,2 %, tandis que l’inflation demeure la plus élevée du G7 et que le chômage, notamment chez les jeunes, est en légère augmentation.
La situation est d’autant plus délicate que certaines mesures initialement prévues pour réduire les dépenses publiques ont été abandonnées, notamment la limitation de l’aide au chauffage pour les retraités et un durcissement des conditions d’accès aux prestations sociales. Selon l’Institute for Fiscal Studies, ces abandons contribuent désormais de manière significative à l’augmentation de la dette publique prévue pour les années à venir.
Les économistes soulignent la nécessité d’un plan fiscal crédible et efficace pour générer rapidement des revenus. Andrew Wishart, économiste chez Berenberg, a déclaré : « Pour que le gouvernement maintienne sa crédibilité budgétaire, il doit parvenir à une réduction substantielle du déficit budgétaire au cours des deux prochaines années. »
Par ailleurs, les députés travaillistes plaident pour la suppression de la limite du nombre d’enfants bénéficiaires des aides sociales, une mesure qui pourrait entraîner une augmentation des dépenses publiques d’environ 3 milliards de livres sterling (environ 3,5 milliards d’euros) par an.
Le gouvernement a également été critiqué pour des erreurs de communication et des revirements politiques qui ont érodé la confiance des marchés et des entreprises. La promesse électorale de ne pas augmenter les impôts des ménages a été rompue, et des mesures fiscales complexes et peu efficaces ont été mises en place, incitant même certains contribuables fortunés à quitter le pays. L’augmentation des cotisations d’assurance nationale pour les employeurs, par exemple, a eu pour effet d’augmenter les coûts de recrutement et de peser sur le marché du travail.
