Publié le 24 juin 2025 14:30. Un rapport d’inspection de la HIQA (Autorité d’inspection des soins de santé) révèle de graves lacunes dans les services de soutien résidentiel de Comeragh High, à Waterford, mettant en danger la sécurité et le bien-être des personnes handicapées mentales accueillies.
- L’inspection a mis en évidence des problèmes persistants dans la gouvernance, la gestion des risques, la protection des résidents et la qualité des plans de soins individualisés.
- Des chutes répétées, dont certaines ayant entraîné des hospitalisations, soulignent un manque de personnel adéquat et un suivi insuffisant.
- Malgré des améliorations partielles, les mesures prises par l’établissement n’ont pas résolu les problèmes fondamentaux identifiés lors d’une précédente inspection.
L’inspection inopinée, réalisée le 12 juin 2025, faisait suite à un renouvellement d’enregistrement en décembre 2024, où la HIQA avait déjà exigé des améliorations d’ici mai 2025. Le centre, géré par les Frères de la Charité Services Ireland – Région du Sud-Est, accueille jusqu’à cinq adultes présentant une déficience intellectuelle dans deux logements situés à Waterford. Les inspecteurs ont souligné la qualité des interactions avec les résidents et l’atmosphère accueillante des lieux, mais ces aspects positifs sont éclipsés par les préoccupations soulevées concernant la sécurité et les soins.
Le rapport détaille un nombre alarmant de chutes : 41 entre janvier 2024 et mars 2025, dont la moitié sans témoin. Une chute en particulier, survenue en avril, a causé des blessures graves à un résident, nécessitant une hospitalisation. Le personnel et les résidents ont également exprimé leurs inquiétudes quant aux effectifs réduits, au manque de continuité dans les soins et aux difficultés d’intégration entre les personnes hébergées. L’évaluation des besoins en personnel s’avère insuffisante, et une supervision adéquate n’est pas garantie en permanence.
Au-delà des problèmes de sécurité, l’inspection a révélé des défaillances au niveau de la gouvernance. Les audits et les examens requis sont soit absents, soit incomplets, et les actions correctives découlant d’inspections antérieures n’ont pas conduit à des améliorations significatives. Des examens d’incidents graves, notamment suite aux chutes, n’ont pas été systématiquement menés, malgré les assurances de l’établissement concernant un renforcement de la surveillance.
L’évaluation des besoins des résidents est également remise en question. Les évaluations existantes sont jugées obsolètes et ne reflètent pas l’évolution de leur état de santé, notamment en raison de rendez-vous médicaux manqués et d’un suivi insuffisant des recommandations des spécialistes. Dans un cas précis, un diagnostic de démence n’a pas été correctement intégré au plan de soins du résident concerné. Enfin, les mesures de protection des résidents se sont avérées inadéquates, avec des problèmes de compatibilité persistants et des incidents insuffisamment signalés ou pris en compte.
La HIQA souligne que la culture et l’approche en matière de protection ne sont pas conformes aux exigences nationales en vigueur.
