Publié le 2 décembre 2025 16:52:00. Sacramento s’apprête à abroger une loi datant de 1949 qui interdisait la distribution de bandes dessinées, une mesure largement ignorée depuis des décennies. Cette initiative, portée par des défenseurs de la liberté d’expression et des acteurs de la culture locale, pourrait également instaurer une « Semaine de la bande dessinée » dans la capitale californienne.
- Le conseil municipal de Sacramento examinera prochainement une proposition visant à légaliser la vente et la distribution de bandes dessinées dans la ville.
- Cette abrogation mettrait fin à une interdiction de 75 ans, restée sans application effective depuis les années 1950.
- La proposition prévoit également l’institution d’une « Semaine de la bande dessinée de Sacramento » chaque année, en septembre.
L’initiative d’abrogation a été lancée par Eben Burgoon, un créateur de bandes dessinées local engagé dans la promotion de cet art et de l’alphabétisation. Selon lui, ces lois obsolètes pourraient être utilisées pour restreindre la liberté d’expression. Il a souligné lors d’une audition en comité que ces réglementations créent un « danger » où des acteurs mal intentionnés pourraient nuire à ce média.
L’ordonnance originale, adoptée en février 1949, visait spécifiquement les distributeurs de bandes dessinées. Une première tentative d’interdiction de la vente aux mineurs avait échoué en raison de l’opposition des pharmacies et des kiosques à journaux, qui craignaient de devoir assumer la responsabilité du contenu des publications en consignation.
La version finale de l’ordonnance interdisait la distribution à des mineurs de moins de 18 ans de bandes dessinées jugées incitant à la criminalité, sous peine d’amendes pouvant atteindre 500 dollars (environ 460 euros) et de peines de prison de six mois. Des exceptions étaient prévues pour les bandes dessinées publiées dans les journaux ainsi que pour les récits factuels de crimes, illustrés par des dessins ou des photographies.
L’application de cette loi était initialement confiée à un comité de femmes nommé par le maire, mais elle a rapidement été transférée à la police locale. À l’époque, l’Union de Sacramento avait critiqué cette mesure, estimant qu’elle conférait au gouvernement des pouvoirs excessifs et menaçait les libertés fondamentales. L’éditorial du journal affirmait que l’on avait « éliminé le mal des mauvaises bandes dessinées en créant un nouveau mal dangereux pour l’une de nos libertés fondamentales ».
Cette interdiction s’inscrivait dans un mouvement similaire observé dans d’autres régions des États-Unis à la même époque. Cependant, elle n’a pas été appliquée depuis au moins 1959, date à laquelle la Cour suprême de Californie a invalidé une ordonnance comparable dans le comté de Los Angeles. Dans l’affaire Katzev c. Comté de Los Angeles, la Cour suprême a jugé que l’ordonnance était trop vague et imposait une charge excessive aux vendeurs, ne présentant pas de « danger clair et actuel ».
Le conseiller municipal Phil Pluckeman, co-sponsor de l’abrogation, s’est dit favorable à cette mesure, affirmant :
« Pour moi, c’est un jeu d’enfant. J’ai lu des bandes dessinées toute ma vie. J’en suis un grand fan. C’est un domaine dans lequel nous devrions célébrer et investir, et non essayer de supprimer. »
Phil Pluckeman, conseiller municipal









