Publié le 29 novembre 2025 à 00:27:00. Malgré les sanctions européennes visant à isoler Moscou, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a réaffirmé son intention de poursuivre ses achats de pétrole russe lors d’une rencontre avec Vladimir Poutine, accentuant les tensions avec Bruxelles.
- Viktor Orban a promis à Vladimir Poutine de maintenir les approvisionnements énergétiques russes en Hongrie, en dépit des pressions de l’Union européenne.
- Cette visite au Kremlin, la quatrième depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, intervient alors que Budapest envisage une action en justice contre l’UE concernant la réduction des importations de gaz russe.
- Orban se positionne comme un potentiel médiateur dans le conflit ukrainien et a évoqué la possibilité de négociations de paix sur le sol hongrois.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a défendu une politique énergétique pragmatique lors d’une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine au Kremlin, ce vendredi 28 novembre. Il a assuré à son homologue russe que la Hongrie continuerait à s’approvisionner en énergie auprès de Moscou, une décision qui constitue un défi direct aux efforts de l’Union européenne visant à réduire sa dépendance aux hydrocarbures russes suite à l’invasion de l’Ukraine.
« Nous n’avons renoncé à la coopération [avec la Russie] dans aucun domaine, indépendamment de toute pression extérieure », a déclaré Orban à Poutine, selon un compte rendu publié par le Kremlin. Il a insisté sur le fait que « l’approvisionnement énergétique en provenance de Russie constitue aujourd’hui la base de l’approvisionnement énergétique de la Hongrie et qu’il le restera à l’avenir ». Poutine a qualifié cette coopération énergétique de « pierre angulaire » du partenariat bilatéral et a remercié Orban pour la « position équilibrée » de la Hongrie sur le conflit ukrainien.
Cette visite intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Budapest et Bruxelles. Plus tôt ce mois-ci, Orban avait menacé d’engager une action en justice contre l’UE en raison de sa décision de réduire progressivement les importations de gaz russe. La Hongrie, fortement dépendante de l’énergie russe, estime que ces approvisionnements sont « fiables et prévisibles », selon les déclarations d’Orban.
Orban, dont le parti est en campagne pour les élections d’avril prochain, avait justifié son déplacement à Moscou par la nécessité de « garantir que l’approvisionnement énergétique de la Hongrie soit assuré pour l’hiver et l’année suivante à un prix abordable ». Il s’est également présenté comme un potentiel médiateur dans le conflit ukrainien, réaffirmant sa volonté de proposer la Hongrie comme lieu de négociations de paix.
Selon le journaliste d’investigation Szabolcs Panyi, publiant sur VScarré, Budapest n’avait pas informé Bruxelles de cette visite. « Personne – du moins pas les partenaires de la Hongrie au sein de l’OTAN ou de l’UE, selon plusieurs sources diplomatiques – n’avait été informé de cette visite. Il semble qu’elle n’ait pas non plus été coordonnée avec Washington », a-t-il écrit.
Il s’agit de la quatrième rencontre entre Orban et Poutine depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Orban avait déjà effectué une visite à Moscou en juillet dernier, alors que la Hongrie assurait la présidence tournante du Conseil européen, suscitant alors la colère de Bruxelles. À l’époque, le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, avait déclaré que le Premier ministre hongrois « ne représente donc l’UE sous aucune forme ».
Par ailleurs, un envoyé de l’ancien président américain Donald Trump, Steve Witkoff, doit se rendre à Moscou la semaine prochaine pour discuter avec Poutine d’un plan de paix pour l’Ukraine. Selon l’agence de presse russe Tass, Poutine a mentionné à Orban que l’idée d’une rencontre à Budapest avait été suggérée par Trump.
Orban a critiqué le soutien occidental à Kiev, estimant que l’Ukraine n’a aucune chance de l’emporter sur la Russie. Il a exprimé à Poutine son espoir que les propositions diplomatiques actuelles « conduiront à un cessez-le-feu et à la paix », soulignant l’impact négatif de la guerre sur l’économie européenne.
(avec agence de presse)

