Publié le 26 décembre 2025 à 11h03. Le constructeur suédois de supercars Koenigsegg propose une solution surprenante pour réduire les émissions automobiles : l’hybride diesel, combinant un moteur thermique fonctionnant avec du carburant renouvelable et une batterie de taille réduite.
- Christian von Koenigsegg estime que l’hybride diesel pourrait effectuer jusqu’à 95 % de ses trajets sur de courtes distances en mode électrique.
- Selon lui, cette technologie permettrait de réduire le poids du véhicule par rapport à une voiture électrique à autonomie équivalente.
- Le scandale du Dieselgate et la complexité technique freinent actuellement l’adoption de cette solution par l’industrie automobile.
Dans une interview accordée à Carbuzz, Christian von Koenigsegg, fondateur de la marque éponyme, a défendu une approche peu conventionnelle pour atteindre les objectifs de réduction des émissions. Il suggère que les constructeurs automobiles devraient sérieusement considérer l’hybride diesel comme une alternative viable aux véhicules 100 % électriques.
L’idée repose sur un principe simple : utiliser une batterie de capacité modeste pour couvrir la majorité des trajets quotidiens, courts et urbains, et un moteur diesel alimenté en carburant renouvelable (HVO – huile végétale hydrotraitée) pour les longs déplacements.
« Un hybride diesel serait génial. Si vous n’êtes pas autorisé à rouler au diesel dans les villes, il vous suffit de couper le moteur, avec une batterie assez grosse. Et pour vos longs trajets, qui arrivent de temps en temps, vous utilisez du HVO, qui est du diesel renouvelable. Disons que 5 % de votre conduite se fait avec du HVO. Le reste est électrique, et votre voiture pèse 300 kg de moins qu’une voiture électrique longue autonomie, parce que votre batterie est un tiers. C’est bien meilleur pour l’environnement et personne n’y pense »
Christian von Koenigsegg, fondateur et propriétaire de Koenigsegg
Selon Koenigsegg, cette configuration présente plusieurs avantages. Tout d’abord, elle permettrait de réduire considérablement le poids du véhicule, car la batterie serait beaucoup plus petite qu’une batterie destinée à une autonomie entièrement électrique. Ensuite, l’utilisation de carburant renouvelable pour le moteur diesel limiterait l’impact environnemental des trajets plus longs. Il estime qu’en roulant à 95 % à l’électricité et à 5 % avec du HVO, l’impact environnemental sur dix ans serait inférieur à celui d’un véhicule électrique classique.
Le moteur diesel est tombé en disgrâce ces dernières années, notamment suite au scandale du Dieselgate, qui a révélé des pratiques frauduleuses de certains constructeurs en matière de tests d’émissions. Jaguar aurait exploré cette voie lors du développement de son modèle I-Pace, tandis que Mercedes-Benz proposait temporairement un modèle diesel rechargeable, comme le GLE, sur le marché européen.
Cependant, plusieurs obstacles freinent l’adoption de l’hybride diesel. La complexité de la technologie diesel, déjà plus sophistiquée que celle des moteurs à essence, est accrue par l’ajout d’un système hybride comprenant un moteur électrique, une batterie et une unité de contrôle. Cela se traduit par un coût de production plus élevé. De plus, les moteurs diesel nécessitent une plage de température de fonctionnement optimale pour être efficaces, et des arrêts fréquents pourraient compromettre leur performance.
Malgré ces défis, Christian von Koenigsegg reste convaincu du potentiel de l’hybride diesel. Il souligne que la réduction de la masse du véhicule, grâce à une batterie plus petite, pourrait compenser la complexité accrue du système.



