Publié le 6 octobre 2025. Des astronomes ont détecté des signes d’un réchauffement précoce de l’univers, remettant en question certaines théories sur sa formation et son évolution. L’analyse de données radio provenant d’Australie occidentale révèle que l’hydrogène intergalactique était plus chaud qu’on ne le pensait, peu après le Big Bang.
- L’hydrogène intergalactique, environ 800 millions d’années après le Big Bang, était déjà significativement réchauffé.
- Cette découverte exclut l’hypothèse d’une réionisation dite « froide » de l’univers.
- Les rayons X émis par les premiers trous noirs et les supernovae pourraient être à l’origine de ce réchauffement.
L’étude de l’aube cosmique, cette période où l’univers est devenu transparent à la lumière, est un défi majeur pour les astrophysiciens. Identifier le signal ténu de l’hydrogène neutre, produit avant que les premières étoiles et galaxies ne se forment, est particulièrement ardu. En effet, ce signal est noyé dans un bruit de fond intense, provenant de sources terrestres et galactiques.
Une équipe internationale d’astronomes, dirigée par Trott et Nunhokee, a récemment obtenu des résultats prometteurs grâce à l’analyse approfondie de données collectées par le Murchison Widefield Array (MWA), un radiotélescope situé en Australie occidentale. Ils ont passé en revue près de dix ans de données du MWA, développant des méthodes d’analyse sophistiquées pour filtrer les interférences et isoler le signal recherché.
Les résultats de cette analyse indiquent que l’hydrogène intergalactique était moins froid que prévu par certains modèles théoriques.
« Environ 800 millions d’années après le Big Bang, le gaz entre les galaxies était déjà chaud »
Nunhokee
. Les mesures suggèrent que la température de cet hydrogène se situait entre 2,5 et près de 800 Kelvin à cette époque.
Ce réchauffement précoce pourrait être dû à l’énergie libérée par les premiers trous noirs supermassifs et les explosions de supernovae. Les rayons X émis par ces phénomènes auraient pu ioniser l’hydrogène neutre, augmentant ainsi sa température. D’autres équipes de recherche ont déjà évoqué un phénomène similaire de « réchauffement » de l’univers primitif (lien).
Selon Nunhokee et ses collègues,
« Les résultats de la MWA marquent une étape importante pour mieux contraindre l’état thermique du milieu intergalactique précoce et fournir de nouvelles informations sur la nature des sources de chaleur pendant la réionisation. »
Bien que ces nouvelles données soient significatives, elles ne permettent pas encore de reconstituer complètement le processus de réchauffement de l’univers.
Source : Centre international de recherche radio-astronomique
(The Astrophysical Journal, 2025; DOI: 10.3847/1538-4357/adda45; DOI: 10.3847/1538-4357/adff80)
