Publié le 30 octobre 2024 18:42:00. L’interprétation de l’hymne national canadien lors des World Series a suscité une vive controverse, après que le chanteur Rufus Wainwright ait pris des libertés avec les paroles, ravivant le débat sur la tradition et l’expression artistique lors d’événements sportifs.
- Rufus Wainwright a modifié les paroles de « Ô Canada » lors du cinquième match des World Series.
- Ces changements pourraient être une forme de protestation contre la politique du président américain Donald Trump envers le Canada.
- L’incident a provoqué une vague de réactions sur les réseaux sociaux, allant de l’indignation à l’approbation.
L’interprétation de l’hymne national avant les événements sportifs est souvent source de débat. Si certains apprécient cette tradition, d’autres la jugent superflue. Cependant, un sentiment semble largement partagé chez les Canadiens : l’exécution de « Ô Canada » est un moment important. L’interprétation de Rufus Wainwright, survenue mercredi soir au Dodger Stadium de Los Angeles, a particulièrement fait réagir.
Le chanteur, né à Montréal et possédant la citoyenneté canadienne, a choisi d’apporter sa propre touche à l’hymne. Certains ont dénoncé un véritable massacre des paroles, tandis que d’autres y ont vu une protestation subtile contre les déclarations du président américain Donald Trump, qui a parfois qualifié le Canada de « 51e État » et laissé entendre des velléités d’annexion.
Wainwright a ainsi modifié les paroles en anglais, remplaçant « in all of us command » par « that only we command ». Cette modification, bien que discrète, a été suivie d’erreurs plus flagrantes dans la version française de l’hymne. Plusieurs internautes ont notamment souligné qu’il a omis le « sait » dans la ligne « car ton bras sait porter l’épée », et chanté « des t’es glorieux exploits » au lieu de « des plus brillants exploits ».
Les réactions des fans canadiens n’ont pas tardé à se faire sentir. Sur les réseaux sociaux, les commentaires se sont multipliés, exprimant pour la plupart une forte désapprobation.
« Je pense qu’il devrait y avoir une amende si vous modifiez les paroles pendant que vous jouez. »
Un internaute sur Instagram
D’autres commentaires exprimaient une frustration similaire :
« Pouvons-nous simplement demander à un chanteur de chanter l’hymne national tel quel ??! »
Un internaute sur Instagram
Un autre utilisateur a écrit : « Pouvons-nous demander à quelqu’un de chanter l’hymne correctement sans changer les paroles lors du prochain match ? » Un autre s’est interrogé : « Chantez simplement l’hymne tel qu’il est censé être chanté. Ce sont les seuls chanteurs dont nous disposons ? » Enfin, un commentaire plus direct demandait : « S’il vous plaît, apprenez l’hymne avant de le chanter ! » Un internaute a même suggéré de confier l’interprétation de l’hymne au public : « Je pense que nous devrions simplement laisser les partisans dans les tribunes chanter l’hymne canadien vendredi. Au moins, ils le chanteront avec la fierté et le respect qu’il mérite et le chanteront avec les bonnes paroles. »
Cependant, certains ont avancé l’hypothèse que les modifications apportées par Wainwright pourraient être intentionnelles. Selon certaines sources, Wainwright aurait reproduit une modification similaire à celle effectuée par la chanteuse canadienne Chantal Kreviazuk lors d’un événement en février dernier, en signe de protestation contre les propos de Donald Trump.
Plusieurs internautes ont exprimé leur soutien à cette interprétation :
« Bon travail ! Il a fait valoir un bon point. Nous sommes une nation souveraine. »
Un internaute sur Instagram
Un autre a commenté : « Il me semble qu’il l’a changé en ‘que nous seuls commandons’ parce que Trump menace de s’emparer de notre pays ? J’ai trouvé qu’il avait l’air magnifique. »
Qu’il y ait eu ou non une intention particulière derrière les choix de Wainwright, cet incident n’est pas isolé. Le chanteur JP Saxe avait déjà modifié les paroles de l’hymne lors du troisième match des World Series, remplaçant « notre maison et notre terre natale » par « notre maison sur notre terre natale ».
Les 50 000 supporters des Blue Jays qui assisteront au sixième match des World Series vendredi au Rogers Centre de Toronto attendent avec impatience une interprétation plus fidèle de l’hymne national. Si le passé est une indication, l’ambiance devrait être à la hauteur.
