Publié le 2024-02-29 10:00:00. Le diabète de type 2, le plus répandu, est souvent entouré d’idées reçues. Des experts démystifient les mythes courants pour mieux comprendre cette maladie et agir efficacement.
- Contrairement à une idée répandue, le diabète de type 2 peut toucher n’importe qui, même en l’absence d’antécédents familiaux.
- Les symptômes ne sont pas toujours évidents et peuvent se manifester de manière subtile, nécessitant une vigilance accrue.
- Le prédiabète ne doit pas être négligé et peut parfois nécessiter un traitement médicamenteux pour prévenir l’évolution vers un diabète déclaré.
Le diabète de type 2, qui représente la majorité des cas de diabète, est une maladie chronique complexe. Si les facteurs génétiques jouent un rôle, ils ne sont pas les seuls en cause. Un mode de vie sédentaire, une alimentation déséquilibrée et un surpoids augmentent considérablement le risque de développer cette pathologie. Pourtant, de nombreuses idées fausses persistent, entravant une prise en charge adéquate.
L’un des mythes les plus tenaces est celui qui affirme que le diabète de type 2 ne se manifeste que si la maladie est présente dans l’arbre généalogique. « N’importe qui peut développer un diabète », explique le Dr John Merendino, endocrinologue à l’Université George Washington. « Avoir des antécédents familiaux augmente le risque, certes, mais le manque d’activité physique, une mauvaise alimentation et le surpoids sont également des facteurs déterminants. » Il souligne que même les personnes sans prédisposition génétique ne sont pas à l’abri. Il recommande un dépistage régulier à partir de 35 ans, voire plus tôt sur avis médical.
La discrétion des symptômes est également une source d’inquiétude. Si certains signes, tels que la soif excessive, les mictions fréquentes ou la vision floue, sont bien connus, d’autres sont plus insidieux. Le Dr Merendino mentionne la neuropathie (picotements ou engourdissements dans les membres), les démangeaisons cutanées, les infections vaginales à levures, les mycoses et la perte de poids inexpliquée. « Environ 3,4% des adultes, soit 8,7 millions de personnes, souffrent de diabète non diagnostiqué et ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin », alerte la Dre Priya Jaisinghani, endocrinologue à NYU Langone Health. Un simple test sanguin peut permettre de détecter la maladie.
En matière de prévention et de traitement, une autre idée reçue est que le prédiabète ne nécessite pas de traitement médicamenteux. Or, un adulte sur trois atteint de prédiabète pourrait bénéficier d’une intervention pharmacologique immédiate. La décision dépend de plusieurs facteurs, notamment le taux d’A1c (un indicateur de la glycémie), les antécédents familiaux et la présence de complications telles que l’obésité sévère ou une maladie du foie. « Environ un tiers des personnes atteintes de prédiabète développeront un diabète dans les cinq à dix ans », précise le Dr Merendino. Des médicaments comme la metformine, les inhibiteurs du SGLT2, ou des traitements plus récents comme Ozempic et Mounjaro, peuvent aider à abaisser la glycémie et à favoriser la perte de poids, réduisant ainsi le risque de développer un diabète de type 2. « Ces médicaments ont fondamentalement transformé la prise en charge du diabète », souligne la Dre Jaisinghani.
Enfin, il est important de déconstruire l’idée que le diabète de type 2 est uniquement la conséquence d’un mauvais mode de vie. Si l’alimentation et l’activité physique jouent un rôle crucial, il est injuste et inexact de blâmer les individus. La génétique, l’accès aux soins de santé, à une alimentation saine et à des opportunités d’activité physique sont autant de facteurs qui échappent au contrôle de chacun. « Personne ne devrait être blâmé pour le développement du diabète », insiste le Dr Merendino. Il est essentiel de s’attaquer aux inégalités sociales et économiques qui contribuent à la maladie, et de soutenir les politiques publiques visant à améliorer l’accès aux soins et à un mode de vie sain.
