Publié le 27 décembre 2023 14:04:00. L’ambassadeur du Chili en Nouvelle-Zélande a suscité une vive polémique en affichant son soutien à l’autodétermination de l’île de Pâques (Rapa Nui) sur les réseaux sociaux, une position qui a entraîné une réprimande du ministère chilien des Affaires étrangères et des critiques au sein de la communauté diplomatique.
- L’ambassadeur Manahi Pakarati a partagé une image appelant à l’autodétermination de Rapa Nui sur ses réseaux sociaux.
- Le ministère chilien des Affaires étrangères a réprimandé l’ambassadeur, qui s’est ensuite excusé et a retiré la publication.
- Des diplomates de carrière critiquent cette prise de position, estimant qu’elle compromet la diplomatie nationale.
Manahi Pakarati, nommé ambassadeur du Chili en Nouvelle-Zélande le 18 mars 2024 par le président Gabriel Boric, est au centre d’une controverse diplomatique. L’ambassadeur, d’origine Rapa Nui, a publié sur ses réseaux sociaux une image appelant à « l’autodétermination pour la nation Rapa Nui ».
L’incident a rapidement attiré l’attention et a provoqué une réaction du Ministère des Affaires étrangères (Minrel). Selon les informations rapportées par La Tercera, l’ambassadeur a été réprimandé dès le 24 décembre pour cette publication.
« Le 24 décembre, nous avons eu connaissance de la photo publiée ; le même jour, elle a été réprimandée. Elle s’est excusée, a reconnu l’erreur et a retiré la photo des réseaux sociaux. »
Ministère des Affaires étrangères
Cette affaire a également suscité des critiques au sein de la communauté diplomatique chilienne. Francisco Devia, ancien président de l’Association des diplomates de carrière (signification), a exprimé son désaccord dans une chronique d’opinion publiée par Coopérative. Il estime qu’il est inacceptable qu’un représentant du Chili soutienne l’autodétermination de l’île de Pâques.
« L’ambassadeur susmentionné est un fonctionnaire de confiance exclusif du gouvernement du Chili, et non d’une île ou d’un groupe ethnique particulier. Son salaire, comme me le dit mon beau-frère, est versé à tous les Chiliens. Je le répète, tous les Chiliens. »
Francisco Devia, ancien président de l’Association des diplomates de carrière
M. Devia a même suggéré que cette action devrait entraîner le retrait immédiat de l’ambassadeur de son poste en Nouvelle-Zélande. Manahi Pakarati a débuté une carrière diplomatique il y a 27 ans, après avoir obtenu son diplôme de l’Académie diplomatique Andrés Bello. Il a occupé divers postes, notamment celui de consul du Chili en Nouvelle-Zélande, de diplomate multilatéral à la Mission permanente du Chili auprès des Nations Unies à New York et de diplomate bilatéral à l’ambassade du Chili au Mexique. Il est également titulaire d’un master en relations internationales de l’Université Victoria de Wellington, en Nouvelle-Zélande, et possède une formation en journalisme (Université du Chili) et en bibliothéconomie (UTEM).
