Une startup allemande innove dans l’agriculture urbaine avec des étagères verticales hydroponiques, promettant une production locale accrue et une réduction significative de l’empreinte environnementale de notre alimentation. Soutenue par un financement de 175 000 euros de la Fondation fédérale allemande pour l’environnement (DBU), cette technologie vise à automatiser la culture et à rendre l’agriculture de proximité plus accessible.
L’entreprise, Pflanzentheke, basée à Lorsch en Hesse, a développé un système de culture en A où les légumes prospèrent dans une eau enrichie en nutriments, sans terre, sur plusieurs niveaux. Actuellement, le processus de plantation et de récolte est manuel, mais la nouvelle phase de recherche, financée par la DBU, se concentre sur l’automatisation complète de la production.
Selon Léon Welker, cofondateur de Pflanzentheke, l’objectif est de rendre la culture hydroponique économiquement viable pour les petites et moyennes entreprises. « Nous nous appuyons sur des mesures d’automatisation pratiques qui ciblent spécifiquement les domaines où les petites et moyennes entreprises atteignent aujourd’hui leurs limites : lors de la récolte, de la replantation et de la maintenance des systèmes », explique-t-il. Le système automatisé permettra d’optimiser l’accès à la lumière naturelle et de fournir aux plantes les nutriments adaptés à chaque étape de leur croissance grâce à des capteurs de surveillance.
Le contexte est alarmant : seulement 36 % des légumes et 20 % des fruits consommés en Allemagne sont produits localement, selon le Ministère fédéral de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Patrie (BMLEH). Les grandes villes dépendent fortement des livraisons de nourriture sur de longues distances. Alexandre, secrétaire général de la DBU, souligne l’importance de la production de proximité : « Cultiver des aliments à proximité des centres urbains à forte demande permet d’économiser des itinéraires de transport coûteux et nocifs pour le climat. Cependant, cela n’est possible qu’avec une utilisation efficace de l’espace limité. »
Le système développé par Pflanzentheke promet une utilisation réduite des ressources : environ 90 % d’eau en moins et 85 % d’engrais en moins par rapport à l’agriculture conventionnelle, pour un rendement équivalent. « Nous combinons les avantages de l’agriculture verticale en intérieur – tels que l’utilisation des nutriments et l’efficacité de l’eau – avec un avantage décisif : nos systèmes utilisent la lumière naturelle du soleil et nécessitent donc une fraction des coûts énergétiques », précise Léon Welker. L’entreprise espère également répondre à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur horticole grâce à l’automatisation.
Pflanzentheke a déjà bénéficié du soutien de la DBU jusqu’à fin 2024 et a collaboré avec l’Université des Sciences Appliquées d’Osnabrück pour le développement de son système. Le nouveau financement permettra d’accélérer le développement de l’automatisation et de rendre cette technologie accessible à un plus grand nombre d’entreprises.





