L’ancien président Donald Trump sème le doute sur l’avenir des élections de mi-mandat de 2026, allant jusqu’à suggérer leur annulation, alors que son parti républicain voit son soutien électoral s’éroder. Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes et de critiques envers les tactiques répressives de l’agence ICE.
Dans une interview accordée à Reuters et publiée jeudi, Trump a exprimé une vision déconcertante du processus électoral : « C’est quelque chose de profondément psychologique, mais lorsque vous remportez la présidence, vous ne gagnez pas les élections de mi-mandat. Quand on y pense, nous ne devrions même pas avoir d’élections. »
Ces propos font écho à des déclarations antérieures faites au New York Times, où l’ancien président a esquivé les questions sur son engagement à respecter les résultats des prochaines élections, tout en affirmant que les élections dans le pays étaient, selon lui, « truquées ».
Lors d’une récente réunion du Congrès au Kennedy Center, Trump avait déjà laissé entendre son mécontentement face à la nécessité de « même se présenter contre ces gens », en référence aux démocrates. Il a ensuite précisé qu’il ne dirait pas explicitement « annulez les élections », craignant d’être qualifié de « dictateur » par les médias.
Interrogée à ce sujet, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a tenté de minimiser l’importance de ces déclarations, affirmant que Trump « plaisantait simplement » et parlait « de manière facétieuse ».
Face à l’insistance des journalistes, notamment Andrew Feinberg, qui lui demandait si l’ancien président trouvait réellement drôle l’idée d’annuler les élections, Leavitt a répliqué sèchement : « Étiez-vous dans la pièce ? J’étais dans la pièce […] et seul quelqu’un comme vous prendrait cela aussi au sérieux et poserait la question de cette façon. »
Au-delà de la question des élections, Trump a également menacé d’invoquer la loi sur l’insurrection en réponse aux manifestations qui se déroulent dans le Minnesota, suite au décès de Renee Good, une citoyenne américaine, lors d’une intervention des agents de l’ICE. Sur son réseau social Truth Social, il a écrit : « Si les politiciens corrompus du Minnesota n’obéissent pas à la loi et n’empêchent pas les agitateurs professionnels et les insurgés d’attaquer les Patriotes de l’ICE, qui essaient seulement de faire leur travail, j’instituerai la LOI SUR L’INSURRECTION et je mettrai rapidement fin à la parodie qui a lieu dans cet autrefois grand État. »
L’Insurrection Act permettrait à Trump de mobiliser la Garde nationale de l’État pour réprimer les manifestations, qui, malgré des incidents isolés, sont restées majoritairement pacifiques.
Ces menaces interviennent alors que l’administration Trump peine à regagner la confiance de l’opinion publique. Des sondages récents, notamment ceux de CNN et de YouGov, révèlent une désapprobation croissante envers les tactiques de l’ICE, avec 51 % des Américains estimant que ses actions rendent les villes moins sûres et 52 % désapprouvant sa gestion globale (contre 39 % d’approbation). Dans un contexte économique incertain et de tensions internationales, l’ancien président semble de plus en plus tenté de contourner les règles démocratiques.





