Publié le 28 septembre 2025 à 16h24. D’anciens élèves du Zurich Bodywork Center dénoncent des pratiques sexuelles inappropriées et une pression psychologique durant les formations, tandis que l’école se défend en mettant l’accent sur le consentement.
- Des anciens étudiants accusent le Zurich Bodywork Center de violations des limites sexuelles et de pressions psychologiques durant les cours de massage tantrique et de travail corporel sexologique.
- Les allégations incluent des exercices impliquant des contacts intimes et des pratiques sexuelles explicites, parfois contre la volonté des participants.
- La direction de l’école rejette ces accusations, affirmant que le consentement est primordial et que les exercices peuvent être refusés.
Le Zurich Bodywork Center, qui propose depuis plusieurs années des formations en massage tantrique et en ce qu’il appelle du « travail corporel sexologique », est au centre d’une controverse. Plusieurs anciens élèves ont témoigné de pratiques qu’ils jugent abusives et traumatisantes, révélations rapportées par l’émission « Impact » de la SRF.
Selon les témoignages, les premières séances pouvaient impliquer des actes de masturbation collective. Les cours suivants auraient ensuite progressé vers des contacts intimes plus poussés, incluant des pratiques anales et des exercices de fisting anal. Une ancienne élève a raconté à la SRF :
« Le premier jour, vous vous masturbez avec environ 20 personnes dans la salle. »
Ancienne élève du Zurich Bodywork Center
Elle a également décrit un exercice de fisting anal auquel elle n’a pas souhaité participer, mais a été encouragée à rester malgré ses pleurs et son désir de partir.
« Je ne voulais pas ça, j’ai pleuré et je voulais y aller. On m’a demandé de rester – c’était bien pour moi. »
Ancienne élève du Zurich Bodywork Center
Plusieurs participants soulignent l’existence d’une forte pression de groupe, où ceux qui refusaient un exercice étaient incités à surmonter leurs « blocages ». Une femme a déclaré que les limites personnelles n’étaient pas respectées, et que ces exercices étaient particulièrement difficiles pour les personnes ayant vécu des violences sexuelles.
Un ancien élève, désormais enseignant, a évoqué une « dynamique de pouvoir » au sein de l’organisation, révélant que certains participants auraient été amenés à masser le directeur sans supervision externe.
La direction du Zurich Bodywork Center conteste fermement ces allégations. Dans un communiqué écrit, l’école insiste sur le principe du consentement, affirmant que les exercices peuvent être refusés à tout moment. Elle précise que les partenaires sont initialement choisis, mais que toute collaboration ne peut avoir lieu qu’avec un accord mutuel.
Concernant l’exercice de fisting anal mentionné, l’école a déclaré qu’il ne faisait pas partie intégrante du programme de formation, mais qu’il pouvait être abordé dans le cadre de certains exercices d’analyse. L’école met en avant l’importance de la conscience de soi, estimant que seuls ceux qui expérimentent ces pratiques peuvent les enseigner de manière professionnelle.
L’école affirme également se conformer à un « ensemble complet de règles éthiques » et indique que des dizaines de milliers de personnes ont suivi ses cours, avec un taux de satisfaction de 95 %. Le directeur reconnaît que des erreurs ont pu être commises dans le passé et assure que l’école est actuellement engagée dans un « processus de responsabilisation structuré ».
