Publié le 16 décembre 2025 à 16h58. Le marché du travail américain montre des signes de faiblesse croissants, avec une augmentation du taux de chômage en novembre et un ralentissement de la création d’emplois, des données qui pourraient inciter la Réserve fédérale à reconsidérer sa politique monétaire.
- Le taux de chômage aux États-Unis a atteint 4,6 % en novembre, son plus haut niveau depuis près de quatre ans.
- L’économie américaine a perdu 105 000 emplois en octobre, et la création d’emplois a ralenti à 64 000 en novembre.
- La Réserve fédérale pourrait être amenée à réduire davantage ses taux d’intérêt pour soutenir l’économie, malgré les préoccupations inflationnistes.
Les chiffres du ministère du Travail, publiés mardi, confirment un ralentissement progressif du marché de l’emploi américain. L’augmentation du chômage, combinée à la stagnation de la création de postes, intervient après une période prolongée de fermeture partielle du gouvernement fédéral, qui a retardé la publication de ces données cruciales.
En novembre, l’emploi a progressé dans les secteurs de la santé et de la construction, mais ces gains ont été compensés par la poursuite des suppressions d’emplois au sein de l’administration fédérale. Le ministère du Travail a notamment fait état d’une baisse de 162 000 emplois gouvernementaux en octobre, due en partie aux départs anticipés de certains fonctionnaires.
Selon Heather Long, économiste en chef de la Navy Federal Credit Union, « l’économie américaine est dans un état de stagnation de l’emploi. Le pays n’a créé que 100 000 emplois au cours des six derniers mois ». Elle souligne que la croissance de l’emploi se concentre presque exclusivement dans le secteur des soins de santé, en raison du vieillissement de la population, tandis que la plupart des autres secteurs sont au point mort ou en phase de licenciements. « Les entreprises n’embauchent pas car elles tentent de s’adapter aux tarifs, aux conditions incertaines et à l’intelligence artificielle », ajoute-t-elle.
Cependant, certains analystes tempèrent ces conclusions. Selon l’économiste en chef de Pantheon Macroeconomics, une part importante de l’augmentation du taux de chômage semble être attribuable à la fermeture du gouvernement fédéral.
Parallèlement, un autre rapport publié mardi par le ministère du Commerce révèle que les ventes au détail sont restées stables en octobre, à 732,6 milliards de dollars. Les ventes dans les restaurants et les bars ont cependant reculé de 0,4 % entre septembre et octobre, signalant un affaiblissement de la consommation.
Ces données économiques pourraient influencer les décisions de la Réserve fédérale (Fed). La banque centrale américaine a déjà abaissé ses taux d’intérêt à trois reprises cette année en réponse au ralentissement de l’emploi, et elle n’a pas exclu de nouvelles baisses. Malgré les inquiétudes concernant une possible résurgence de l’inflation, la détérioration du marché du travail pourrait inciter la Fed à adopter une politique monétaire plus accommodante pour soutenir l’économie.
