Washington — Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) a nié toute implication dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi lors d’une visite à la Maison Blanche, tandis que l’ancien président Donald Trump a minimisé le rôle de MBS dans cette affaire. Cette rencontre, la première de MBS à la Maison Blanche depuis 2018, intervient malgré les conclusions d’un rapport des services de renseignement américains qui impliquent directement le prince héritier.
Interrogé sur ses relations commerciales avec MBS, M. Trump a déclaré : « Beaucoup de gens n’aimaient pas ce monsieur dont vous parlez, que vous l’aimiez ou non, des choses arrivent, mais il n’en savait rien et nous pouvons en rester là. » Il a également qualifié MBS d’« ami » et l’a félicité pour son action en matière de droits de l’homme, suscitant la controverse.
Le prince héritier a quant à lui exprimé ses regrets face à la mort de Khashoggi, la qualifiant d’« énorme erreur ». « C’est douloureux et c’est une énorme erreur, et nous faisons de notre mieux pour que cela ne se reproduise plus », a-t-il affirmé. Il a également souligné que l’Arabie saoudite avait pris « toutes les mesures nécessaires » pour enquêter sur le meurtre et renforcer son système de sécurité.
En 2019, lors d’une interview accordée à l’émission « 60 Minutes » de CBS News, MBS avait déjà assumé la « responsabilité totale » en tant que dirigeant saoudien, reconnaissant que l’assassinat avait été commis par des individus liés au gouvernement saoudien.
Un rapport des services de renseignement américains publié en 2021 concluait que le prince héritier exerçait un « contrôle absolu » sur les organisations de sécurité et de renseignement saoudiennes, rendant « très improbable » que l’opération ait pu être menée sans son autorisation.
La veuve de Jamal Khashoggi, Hanan Elatr Khashoggi, a réagi aux déclarations de M. Trump sur les réseaux sociaux, affirmant qu’il n’y a « aucune justification pour assassiner » son mari. Elle s’est dite « blessée » et « déçue » par les propos tenus par l’ancien président.
Par ailleurs, le prince héritier a cherché à prendre ses distances par rapport aux attentats du 11 septembre 2001, dont les familles des victimes ont intenté une action en justice contre l’Arabie saoudite, alléguant un soutien aux pirates de l’air d’Al-Qaïda. « Je ressens de la peine pour les familles des victimes du 11 septembre en Amérique, mais nous devons nous concentrer sur la réalité », a-t-il déclaré, affirmant qu’Oussama ben Laden avait instrumentalisé les Saoudiens dans le but de détruire les relations américano-saoudiennes.
Lors de cette visite, l’Arabie saoudite et les États-Unis ont annoncé une augmentation des investissements saoudiens aux États-Unis, passant de 600 milliards de dollars (environ 557 millions d’euros) à près de 1 000 milliards de dollars (environ 935 millions d’euros).
