Publié le 20 octobre 2025 19h32. Le projet de match de Liga entre Villarreal et Barcelone à Miami, prévu le 20 décembre, est au bord de l’implosion, confrontant la ligue espagnole à un conflit ouvert avec ses joueurs et suscitant l’intervention des autorités sportives.
- Les joueurs de Liga, via leur syndicat l’AFE, menacent de nouvelles actions de protestation, notamment lors du prochain Clasico, en raison d’un manque de transparence concernant ce match historique outre-Atlantique.
- La Liga et la Fédération royale espagnole de football (RFEF) sont sous pression du Conseil supérieur des sports (CSD), qui examine la légalité de l’initiative.
- Des tensions internes à la RFEF et une plainte visant Javier Tebas, le président de la Liga, viennent compliquer davantage le dossier.
La contestation a pris une forme concrète avec des arrêts de jeu symboliques lors des rencontres de ce lundi. L’Association des footballeurs professionnels (AFE), qui représente les joueurs, exige plus d’informations sur les raisons et les modalités de ce match inédit, le premier de l’histoire de la Liga à se dérouler en dehors du territoire espagnol. Les joueurs se sentent floués et craignent que leurs intérêts ne soient pas suffisamment pris en compte dans cette opération commerciale.
Le président de l’AFE, David Aganzo, a accepté de participer à une commission mixte proposée par la Liga, mais a conditionné sa présence à un changement de date, la fixant au 22 octobre, jour du lancement de la billetterie pour le match controversé. Aganzo souhaite obtenir des éclaircissements sur deux points clés : la Liga insiste sur le fait que l’initiative de jouer à Miami vient du promoteur américain Relevent, et minimise l’importance des arrêts de jeu en les qualifiant de non conformes à la réglementation. Aganzo conteste ces affirmations, estimant que la Liga partage la responsabilité de ce projet avec Relevent, avec lequel elle a signé un accord de co-entreprise garantissant un minimum de 2 milliards d’euros sur 15 ans.
L’AFE ne considère pas non plus les brèves interruptions de jeu comme une grève à proprement parler, mais entend utiliser la commission mixte pour ouvrir une table de négociation. La Liga n’avait pas répondu à la proposition de l’AFE de se réunir le 22 octobre à l’heure où nous mettions sous presse.
Le mécontentement des joueurs est exacerbé par la censure initiale des images des arrêts de jeu lors du match entre Oviedo et Espanyol. Si la diffusion a été rétablie après des protestations, les joueurs n’excluent pas de poursuivre leurs actions de protestation, y compris lors du Clasico, conscient que l’impact médiatique d’un tel geste serait considérable.
Parallèlement, le Conseil supérieur des sports (CSD) examine la légalité du projet de match à Miami, suite à une plainte du Real Madrid qui dénonce une violation du principe de neutralité de la compétition. Le CSD a demandé à la RFEF de fournir les bases juridiques qui justifient l’organisation de ce match et son accord avec l’UEFA. La RFEF a répondu en demandant le dossier complet contenant la lettre du Real Madrid, une manœuvre que l’AFE interprète comme une tentative de retarder le processus et de protéger le projet.
Le président de la RFEF, Rafael Louzán, partage la vision de Javier Tebas, estimant que jouer aux États-Unis est une opportunité pour le football espagnol de conquérir un marché lucratif. Cependant, cette position se heurte à la résistance des joueurs et à l’examen minutieux des autorités sportives.
L’affaire est d’autant plus délicate qu’une plainte visant Javier Tebas pour violation du secret bancaire du FC Barcelone a été déposée auprès du Tribunal administratif du sport (TAD) ce lundi, ajoutant une nouvelle couche de complexité à la situation.
