Wall Street a démarré l’année 2026 sur une note positive, effaçant les inquiétudes liées aux déclarations controversées de l’ancien président Donald Trump et à l’intervention militaire américaine au Venezuela. Malgré un ralentissement inattendu de la création d’emplois, le S&P 500 a atteint un nouveau record vendredi, porté par l’espoir de baisses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale.
Selon les chiffres publiés par le gouvernement, l’économie américaine a créé 50 000 emplois en décembre, un chiffre inférieur aux 73 000 prévus par les analystes. Cette faiblesse pourrait inciter la banque centrale à assouplir sa politique monétaire.
Sur l’ensemble de la semaine, le S&P 500 a progressé de 1,6 %. Le Nasdaq a enregistré une hausse encore plus marquée, de près de 2 %, mais n’a pas réussi à dépasser son propre record historique.
Cette dynamique positive s’est produite en dépit d’événements géopolitiques majeurs, notamment la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines le week-end dernier. Par ailleurs, Donald Trump a multiplié les annonces sur les réseaux sociaux, notamment via sa plateforme Truth Social.
Mercredi, l’ancien président a notamment exprimé son intention d’interdire aux grands investisseurs l’achat de biens immobiliers, d’empêcher les entreprises d’armement de verser des dividendes ou de racheter leurs propres actions, et de renforcer le budget de la défense.
Jeudi, il a également ordonné des rachats d’obligations hypothécaires dans le but de faire baisser les taux d’intérêt. Malgré ces interventions, l’analyste financier Jim Cramer a mis en garde contre les prises de position hâtives, soulignant que les premières semaines de l’année sont souvent marquées par des « tendances étranges » sur les marchés.
« Ce n’est pas le moment de faire de gros paris », a-t-il déclaré jeudi matin. Néanmoins, le Club d’investissement de Cramer a réalisé quelques opérations ciblées. Lundi, il a cédé une partie de ses actions BlackRock, après une bonne performance du groupe financier en début d’année, suite à une année 2025 plus difficile. BlackRock, ainsi que Wells Fargo et Goldman Sachs, publieront leurs résultats la semaine prochaine.
Jeudi, le Club s’est également séparé de ses actions Solstice Advanced Materials. Cette participation, issue d’une cession d’actions Honeywell le 30 octobre, ne représentait qu’une infime partie du portefeuille, environ 0,15 %. Bien que considérant Solstice comme une entreprise prometteuse, le Club a estimé que le prix actuel n’était pas justifié.
Certaines valeurs du portefeuille ont toutefois été moins performantes cette semaine. Nvidia, par exemple, a chuté de plus de 2 %, malgré des perspectives positives. Lundi soir, le PDG Jensen Huang s’est montré optimiste quant aux partenariats de l’entreprise lors du Consumer Electronics Show. Le lendemain, la directrice financière Colette Kress a indiqué que l’objectif de chiffre d’affaires de 500 milliards de dollars (environ 460 millions d’euros) pour 2025 et 2026 était « désormais plus réaliste ». De plus, Bloomberg a rapporté jeudi que la Chine autoriserait l’importation des puces H200 de Nvidia. Ces éléments n’ont cependant pas suffi à inverser la tendance.
Cramer a conseillé aux investisseurs détenant déjà des actions Nvidia de ne pas acheter lors de la baisse, estimant qu’une reprise significative n’est pas imminente, malgré un potentiel de croissance à long terme, notamment avec le retour de la Chine sur le marché. Il a suggéré que le moment pourrait être opportun pour initier une position.
CrowdStrike a également connu une réaction inattendue aux nouvelles de l’entreprise, chutant de plus de 3 % jeudi après l’annonce de l’acquisition de la startup de gestion d’identité SGNL pour 740 millions de dollars (environ 680 millions d’euros). Le Club considère cette acquisition comme une opportunité, renforçant la position de CrowdStrike dans le secteur en pleine croissance de la sécurité des identités. Le PDG de CrowdStrike, George Kurtz, a déclaré à CNBC que cet accord représentait une « énorme opportunité de bouleverser le marché de l’identité ».
Malgré ce repli, l’action CrowdStrike a tout de même augmenté de près de 3,8 % sur la semaine.
