Publié le 28 novembre 2025 13:39:00. Une controverse agite la Démocratie chrétienne (DC) au Chili suite à une rencontre entre l’ancien président Eduardo Frei Ruiz-Tagle et le candidat de droite José Antonio Kast, qui a conduit à des sanctions disciplinaires contre l’ancien chef d’État et à une levée de boucliers de la part d’anciens dirigeants.
- Eduardo Frei Ruiz-Tagle a été temporairement suspendu de ses fonctions au sein de la DC après avoir rencontré José Antonio Kast.
- Un groupe d’anciens dirigeants et militants dénonce une “violence verbale” et un manque d’impartialité dans la procédure disciplinaire.
- Les signataires de la déclaration publique mettent en avant l’importance du dialogue et du pluralisme au sein de la communauté politique.
La direction de la Démocratie chrétienne a décidé de saisir la Cour suprême du parti après la révélation, en début de semaine, d’une réunion entre son ancien président, Eduardo Frei Ruiz-Tagle, et José Antonio Kast, candidat du Parti républicain. Cette rencontre a provoqué une vive réaction au sein du parti, aboutissant à la suspension temporaire du militantisme de Frei pendant la durée de l’enquête.
En réponse à cette décision, un groupe de personnalités influentes issues des anciens partis de la Concertation (Parti socialiste, DC, Parti pour la démocratie) ainsi que d’anciens démocrates, ont publié une déclaration publique exprimant leur « entière solidarité » avec l’ancien président. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme une attaque injustifiée de la part de la direction actuelle de la DC, motivée uniquement par le fait qu’il ait entretenu un « dialogue franc » avec José Antonio Kast.
Selon les signataires, cette rencontre visait à favoriser un échange d’idées et à « promouvoir des actions » en réponse aux défis auxquels le pays est confronté. Ils affirment que les deux hommes ont constaté « un large accord sur des questions essentielles ». Ils soulignent également que Frei a clairement exprimé son opposition à une continuité du gouvernement actuel et au « communisme actuellement représenté par Jeannette Jara », des positions qu’il a défendues avec « des arguments solides ».
Les auteurs de la déclaration accusent la direction de la DC d’avoir réagi avec un ton excessif, créant un « climat de violence verbale qui affecte la qualité de la démocratie ». Ils dénoncent des « disqualifications insensées » et un « tribunal partisan » qui, selon eux, « n’offre pas de garanties minimales d’impartialité ».
La déclaration insiste sur l’importance du pluralisme et de la tolérance au sein de la communauté politique, rappelant que la démocratie « présuppose la tolérance envers ceux qui diffèrent sur une question ou une idéologie ». Les signataires mettent en garde contre les conséquences négatives des attaques contre l’ancien président, estimant qu’elles constituent « une mauvaise voie qui entrave le dialogue et les grands accords » dont le pays a besoin.
« Le principe du respect de la pensée d’autrui revêt une importance particulière dans le cas d’un ancien président dans l’exercice légitime de son droit d’option et d’expression », affirment-ils. Ils appellent à mettre fin à la « virulence » dont, selon eux, fait l’objet Eduardo Frei Ruiz-Tagle, et soulignent que les agressions internes sont incompatibles avec une conduite démocratique.

