Publié le 30 décembre 2023 à 15h02. Des éloges inattendus envers l’organisation du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) et du Bharatiya Janata Party (BJP) par un haut responsable du Congrès, Digvijaya Singh, ont suscité une onde de choc au sein du parti et relancé les spéculations sur ses motivations et son avenir politique.
- Digvijaya Singh a publié un message sur les réseaux sociaux saluant l’efficacité organisationnelle du RSS et du BJP, illustrant son propos avec une photo de Narendra Modi et L.K. Advani datant de 1996.
- Cette publication a provoqué des réactions contrastées au sein du Congrès, certains dirigeants dénonçant toute collaboration avec des organisations d’extrême droite, tandis que d’autres ont tenté de relativiser le message.
- L’incident intervient alors que le Congrès cherche à renforcer son organisation et que l’avenir politique de Singh au sein du parti est incertain.
La récente publication de Digvijaya Singh, figure influente mais souvent controversée du Congrès, a semé la confusion et alimenté les interrogations. L’ancien ministre en chef du Madhya Pradesh a partagé sur X (anciennement Twitter) une photographie datant de 1996, montrant le Premier ministre actuel, Narendra Modi, aux côtés de L.K. Advani, un leader historique du BJP. Singh a alors salué la capacité du RSS et du BJP à promouvoir leurs cadres, les faisant progresser jusqu’aux plus hautes fonctions de l’État.
Dans son message, il a écrit : « J’ai trouvé cette photo sur Quora. C’est très révélateur. C’est ainsi que les swayamsevaks (militants) de base du RSS et les membres du Jan Sangh @BJP4India s’assoient aux pieds des dirigeants et accèdent aux postes de ministres en chef et de Premier ministre. C’est le pouvoir de l’organisation. Jai Siya Ram. »
Cette déclaration a immédiatement suscité des réactions vives au sein du Congrès. Plusieurs responsables ont exprimé leur désaccord avec les propos de Singh, rappelant l’idéologie nationaliste hindoue du RSS, souvent perçue comme excluant les minorités religieuses. Pawan Khera, un porte-parole du Congrès, a déclaré : « Il n’y a rien à apprendre du RSS. Que peut bien nous enseigner une organisation associée à Godse, l’assassin de Gandhi, à une organisation fondée par Gandhi lui-même ? »
Manickam Tagore, député du Congrès, a également souligné l’incompatibilité entre les valeurs du Congrès et celles du RSS : « Le RSS est une organisation animée par la haine. Il n’y a rien à en retirer. »
Cependant, certains membres du Congrès ont pris la défense de Singh, arguant qu’il ne faisait que souligner l’importance de l’organisation et de la discipline, des qualités que le parti doit renforcer. Salman Khurshid, ancien ministre des Affaires étrangères, a déclaré à l’agence ANI : « Il est important de prêter attention au contexte et à l’intention derrière les mots. Personne ne peut douter de l’engagement de Digvijaya Singh envers le Congrès ou de sa fidélité à son idéologie. »
TS Singh Deo, un autre leader du Congrès, a ajouté : « Digvijaya Singh est un homme politique expérimenté et il saura s’expliquer. En tout cas, il est indéniable que le renforcement de l’organisation est un processus continu pour tout parti politique. »
L’incident survient à un moment crucial pour le Congrès, qui tente de se restructurer et de retrouver sa position dominante sur la scène politique indienne. Le mandat de Digvijaya Singh au Rajya Sabha (chambre haute du Parlement indien) expire en juillet 2026, et il est incertain s’il sera reconduit. Certains observateurs politiques suggèrent que son message pourrait être une manière de signaler son insatisfaction et de préparer le terrain pour une éventuelle sortie du parti, à l’instar de Ghulam Nabi Azad, un autre vétéran du Congrès qui avait quitté le parti en 2021 après s’être vu refuser un nouveau mandat au Rajya Sabha.
Singh a finalement clarifié sa position, affirmant qu’il restait un opposant au RSS et au BJP, tout en reconnaissant leur force organisationnelle. Il a également dénoncé les tentatives du BJP de semer la discorde au sein du Congrès, en particulier au sein de la famille Nehru-Gandhi. « Je suis un partisan de l’organisation, mais un adversaire du RSS et du Premier ministre (Narendra) Modi », a-t-il déclaré.
La question de savoir si ce revirement suffira à apaiser les tensions au sein du Congrès et à dissiper les interrogations sur les motivations de Digvijaya Singh reste ouverte. L’avenir politique de ce leader controversé, ainsi que la capacité du Congrès à se réorganiser et à renforcer son organisation, seront scrutés de près dans les mois à venir.
