Publié le 22 décembre 2025 à 11h57. La gouverneure de la Banque du Mexique (Banxico), Victoria Rodríguez Ceja, anticipe un ralentissement de l’inflation au Mexique grâce à l’appréciation du peso, au resserrement monétaire et à un certain relâchement de l’économie nationale.
- Banxico a récemment réduit ses taux d’intérêt, anticipant une prudence pour 2026.
- L’appréciation du peso face au dollar a joué un rôle clé dans cette décision.
- La banque centrale exclut une pression inflationniste généralisée dans l’économie mexicaine.
Victoria Rodríguez Ceja estime que plusieurs facteurs conjugués devraient contribuer à maîtriser l’inflation dans les mois à venir. L’appréciation du taux de change, combinée à la politique monétaire restrictive mise en œuvre par Banxico, devrait exercer une pression à la baisse sur les prix. Elle a souligné que l’impact des décisions de politique monétaire se fait sentir avec un certain décalage, ce qui laisse présager une poursuite de cet effet désinflationniste.
La décision de réduire les taux d’intérêt la semaine dernière a également été influencée par la forte appréciation du peso par rapport au dollar depuis la précédente réunion de décembre. Cette dynamique a permis d’accumuler un renforcement significatif de la monnaie nationale au cours de l’année.
La gouverneure a également mis en avant le niveau élevé de sous-emploi dans l’économie mexicaine et l’intégration de l’impact potentiel des changements dans les politiques commerciales internationales comme des éléments ayant pesé dans la balance. Ces facteurs, associés à l’appréciation du peso, contribuent à atténuer les pressions inflationnistes.
Un solde de risque plus favorable
Victoria Rodríguez Ceja a écarté l’idée d’une pression inflationniste généralisée dans l’économie mexicaine, soulignant que la balance des risques sur l’inflation est actuellement plus favorable qu’elle ne l’était entre 2021 et 2024. Le conseil d’administration de Banxico continuera d’évaluer le moment opportun pour réaliser d’autres ajustements du taux de référence, en tenant compte de tous les déterminants de l’inflation.
Selon elle, l’effet ponctuel des modifications fiscales et tarifaires sur le niveau général des prix devrait être limité et disparaître après un an, avec un transfert sur les prix moins que proportionnel. Banxico reste néanmoins vigilant face au processus de formation des prix dans les premiers mois de 2026, afin de s’assurer qu’aucun effet de second ordre ne se manifeste.
Si ce risque est écarté, divers facteurs, tels que le degré d’activité économique actuelle et future, ainsi que l’appréciation continue du peso, pourraient favoriser de nouveaux progrès dans le cycle de baisse des taux d’intérêt de la Banque du Mexique.
Facteurs externes et fondamentaux solides
Des facteurs externes, notamment les conditions monétaires et financières internationales, en particulier aux États-Unis, pourraient également contribuer à une baisse des taux. L’appréciation du peso tout au long de l’année a contribué à freiner les pressions inflationnistes, notamment sur les prix des matières premières.
Cette évolution est liée à la faiblesse du dollar, à la position favorable du Mexique dans les négociations commerciales avec les États-Unis par rapport à d’autres économies, et aux anticipations d’une poursuite de la baisse des taux par la Réserve fédérale américaine (FED). La faible volatilité des taux de change a également encouragé les investissements en faveur du peso mexicain.
Ces éléments se conjuguent à des fondamentaux macroéconomiques solides au Mexique, qui ont agi comme des facteurs de confinement importants. Concernant l’inflation sous-jacente, et plus particulièrement sa composante services, sa réduction est progressive et cohérente avec l’ampleur et la durée des chocs économiques récents. Plusieurs composantes de l’inflation des services, comme le logement, affichent d’ailleurs une tendance à la baisse.
Banxico reste conscient des risques liés aux impacts climatiques, qui pourraient générer une volatilité à court terme, mais dont l’effet sur l’inflation sous-jacente devrait être limité et de courte durée. Enfin, la gouverneure a souligné que les changements de politique économique aux États-Unis ajoutent une incertitude supplémentaire à l’environnement mondial.
