Jean Dujardin se métamorphose dans L’Homme qui rétrécit, un thriller de science-fiction français qui explore un phénomène troublant : un homme voit sa taille diminuer de jour en jour. Le film, réalisé par Jan Kounen, repousse les limites des effets spéciaux nationaux et marque les débuts de l’acteur oscarisé dans le genre.
Pour Jan Kounen, la production de films de science-fiction en France représente un défi de taille. « C’est compliqué pour deux choses », explique le réalisateur. « Tout d’abord, je pense que les nouvelles générations ont ce désir de tenter des choses, mais le film de genre n’est pas ancré dans notre ADN. » Il se souvient d’une période où il espérait voir le genre décoller grâce à des initiatives comme celles de Luc Besson, mais reconnaît que les projets proposés étaient peut-être trop singuliers.
Au-delà des considérations artistiques, Kounen souligne les contraintes budgétaires et techniques. « Faire ce type de films coûte beaucoup d’argent, cela demande des budgets vertigineux et des risques importants. Ce n’est pas à notre échelle. C’est un savoir-faire anglo-saxon. » Il nuance cependant : « Évidemment qu’en France on sait faire de la science-fiction et concevoir de très gros films. Beaucoup de productions américaines viennent en France pour leurs effets visuels. » L’Homme qui rétrécit, selon lui, pourrait démontrer les capacités françaises dans ce domaine.
Le film a représenté un défi technologique majeur pour Kounen. « Même si j’ai l’impression d’avoir, deux ou trois fois par le passé, tenté des incursions, des mélanges de genres et des choses où je me suis mis en danger, ce film, je l’ai plus vécu comme un défi technologique qu’autre chose. » Il a adapté sa manière de filmer pour immerger le spectateur dans l’expérience du rétrécissement, privilégiant la réalité des matières et des astuces visuelles plutôt que la 3D.
La conception du décor de la cave, un élément central du film, a nécessité une approche innovante. Kounen a utilisé la réalité virtuelle et un casque pour modéliser un décor aux multiples dimensions. « Je savais que le décor de la cave allait avoir 15 tailles différentes. » Il pouvait ainsi visualiser et planifier les scènes en changeant l’échelle du décor à volonté.
Les effets visuels ont combiné numérique et éléments réels. « On a fait en numérique ce qui était infaisable autrement. Quand les décors le permettent, comme la maison de poupées, c’est fabriqué à grande échelle. » L’escalier, par exemple, a été partiellement construit à l’échelle 1:1, avec une première marche de 25 mètres entourée d’écrans bleus pour intégrer Jean Dujardin dans l’illusion.
Kounen rend hommage aux pionniers des effets spéciaux, notamment Georges Méliès. « C’est un jeu intéressant de trouver des tas d’idées pour pouvoir faire les plans, et pour que le plan soit vraiment immersif pour le spectateur. » Il évoque également l’influence des films de Ray Harryhausen et des premiers Guerres des étoiles, des sources d’inspiration qui ont nourri sa fascination pour le cinéma.
« L’Homme qui rétrécit est un hommage aux films de Ray Harryhausen aux premiers Guerres des étoiles que j’avais découvert adolescents, à tous ces films avec des trucages », a-t-il déclaré.
