Publié le 13 novembre 2025 à 00h45. Le dollar américain poursuit sa chute face au sol péruvien, atteignant son plus bas niveau depuis plus de cinq ans, une tendance alimentée par des exportations record et des interventions de la Banque centrale du Pérou (BCRP).
- Le dollar a atteint 3,353 soles, son niveau le plus bas depuis plus de cinq ans.
- La BCRP est intervenue sur le marché des changes, achetant 77 millions de dollars pour soutenir la monnaie locale.
- Les analystes prévoient une baisse de 10,5 % de la valeur du dollar par rapport au sol en 2025.
La dépréciation du dollar face au sol péruvien s’est accélérée ces dernières semaines, poussant la BCRP à intervenir sur le marché des changes. La semaine dernière, l’institut émetteur avait déjà injecté 27 millions de dollars (USD) lorsque le taux de change avait atteint 3,36 soles (S/). Suite à cette action, le taux de change s’était stabilisé autour de 3,37 S/, avant de retomber à 3,36 S/ en début de semaine. Hier, la baisse s’est intensifiée, le dollar atteignant 3,353 S/, un niveau inédit depuis plus de cinq ans. La BCRP a alors réagi en achetant 77 millions USD, ce qui a permis de redresser légèrement la monnaie, qui a clôturé la séance à 3,366 S/.
Cette baisse du dollar est principalement due à un afflux important de devises, stimulé par les prix élevés des métaux que le Pérou exporte. La BCRP prévoit désormais un excédent commercial de 30 milliards USD pour l’année en cours. Cette situation devrait entraîner une baisse de 10,5 % de la valeur du dollar par rapport au sol en 2025, selon les prévisions actuelles.
« Le flux mensuel de dollars qui entre dans l’économie en raison de la bonne situation du commerce extérieur est fort et continue d’augmenter. Les étrangers, les fonds de pension, tout le monde est acheteur de dollars. Il n’y a personne qui vend ; la seule qui achète maintenant, c’est la Banque Centrale. »
Responsable du système financier
Les importateurs ont déjà anticipé la baisse du dollar en avançant leurs achats, tandis que les exportateurs adoptent une attitude plus passive en matière de change. Les banques soulignent que cette évolution du taux de change réel multilatéral réduit l’attrait des exportations et favorise les importations, un déséquilibre que la BCRP cherche à atténuer.
La baisse du taux de change a déjà un impact sur l’inflation, qui a atteint 1,35 % sur un an en octobre. Cela pourrait inciter la BCRP à la prudence, afin de ne pas sortir de sa fourchette cible (entre 1 % et 3 % par an), compte tenu des distorsions que cela pourrait engendrer dans l’économie.
« La tendance à la baisse prévaut et si l’or et le cuivre reviennent aux niveaux précédents, le dollar pourrait évoluer entre 3,30 S/ et 3,35 S/. »
Diego Marrero, gestionnaire de portefeuille de Blum
La BCRP intervient également pour limiter la volatilité du taux de change, le sol péruvien étant actuellement la monnaie la plus stable de la région. L’institut émetteur ne cherche pas à modifier la tendance à la baisse, mais plutôt à la maîtriser. Cependant, la Banque centrale s’inquiète de la rapidité avec laquelle le dollar a chuté ces dernières semaines, notamment en raison des ventes de devises prévues par les fonds de pension pour faire face aux retraits de leurs adhérents.
Les analystes estiment que les interventions de la BCRP devraient maintenir le taux de change dans une fourchette comprise entre 3,35 S/ et 3,40 S/ à court terme. En cas de rebond vers 3,37 S/ ou 3,38 S/, des offres de vente pourraient émerger sur le marché, anticipant la poursuite de la pression à la baisse.
La Banque centrale précise que ses interventions ne visent pas à modifier les tendances, mais plutôt à éviter des fluctuations brusques du taux de change.

L’AFP doit également vendre des dollars pour faire face aux retraits de ses membres, ce qui peut exercer encore plus de pression sur son prix.
Les interventions du BCRP vont-elles changer la tendance du dollar ?
Les analystes se demandent désormais si l’intervention de la BCRP entraînera une variation substantielle de la tendance baissière du dollar.
