L’administration américaine se dit « très optimiste » quant à la possibilité d’un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine, alors que son émissaire spécial, Steve Witkoff, s’est rendu à Moscou pour des entretiens directs avec Vladimir Poutine. Cette initiative diplomatique intervient après des discussions en Floride avec les négociateurs ukrainiens et pourrait marquer une étape décisive dans la résolution du conflit.
Selon la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, le président Donald Trump et son équipe « ont travaillé très dur sur cet effort » et souhaitent ardemment voir la guerre prendre fin. « Je pense que l’administration se sent très optimiste », a-t-elle déclaré aux journalistes. Elle a précisé que des « très bonnes discussions » avaient eu lieu avec les représentants ukrainiens la veille, le 30 novembre 2025.
Steve Witkoff, un ami d’affaires de longue date de Donald Trump, désormais chargé de missions diplomatiques sensibles pour l’administration, a rencontré dimanche les négociateurs ukrainiens en compagnie du secrétaire d’État Marco Rubio, puis à nouveau lundi 1er décembre. Rustem Umerov, le négociateur ukrainien, a reconnu que ces échanges avaient permis de réaliser des « progrès significatifs », tout en soulignant que certaines questions restaient encore à résoudre.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé sa prudence, évitant de contrarier ouvertement Donald Trump, mais a refusé de céder aux pressions américaines visant à abandonner des territoires contestés que la Russie n’a pas réussi à conquérir. Un plan américain, présenté aux Ukrainiens à Genève la semaine précédente sans leur consultation préalable, envisageait notamment un retrait de Kiev de la région de Donetsk et une reconnaissance de facto par les États-Unis de la souveraineté russe sur Donetsk, Crimée et Lougansk.
En contrepartie, Washington s’était engagé à offrir à l’Ukraine certaines garanties de sécurité, mais celles-ci restaient inférieures aux aspirations de Kiev de rejoindre l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), une alliance où une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. Ce plan initial a été remanié suite aux critiques formulées par Kiev et certains pays européens, mais ses détails précis demeurent flous à ce stade.
Les voyages de M. Witkoff à Moscou, où il mène des pourparlers en dehors des canaux diplomatiques traditionnels, ont suscité des interrogations. Il sera rejoint en Russie par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, qui a joué un rôle clé dans la diplomatie américaine au Moyen-Orient.
Parallèlement, Volodymyr Zelensky cherche à obtenir le soutien des alliés européens. Le président français Emmanuel Macron a déclaré lundi 1er décembre, conjointement avec M. Zelensky, que tout accord de paix devait être négocié avec la participation de l’Ukraine et des puissances européennes. M. Zelensky a mis en garde contre toute tentative de laisser la Russie « percevoir quoi que ce soit qu’elle puisse considérer comme une récompense pour cette guerre ».
Les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN se réuniront également cette semaine à Bruxelles pour leur réunion annuelle. Cependant, Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, ne participera pas aux négociations et sera représenté par son adjoint, Christopher Landau.
