Les forces de sécurité indiennes ont lancé une vaste opération anti-terroriste dans la région du Jammu-et-Cachemire, visant à démanteler les réseaux liés au Pakistan et à enrayer la montée de l’extrémisme. L’opération, qualifiée de la plus importante de la décennie, s’étend sur plus de 60 zones et a déjà conduit à plusieurs arrestations et saisies d’armes.
L’offensive coordonnée, qui cible plus de 100 sites associés à des militants et à leurs soutiens locaux, vise à perturber les réseaux financiers et logistiques des groupes terroristes opérant sous l’influence de responsables basés dans le Pakistan occupé du Cachemire (POC). Les opérations les plus importantes se sont déroulées dans le district de Ganderbal, où 59 perquisitions ont été menées aux domiciles de 76 personnes suspectées de liens terroristes. Des recherches similaires ont été effectuées à Srinagar, Kulgam, Shopian, Budgam et Kupwara.
La police du Jammu-et-Cachemire, appuyée par les agences de renseignement nationales, a mené ces raids simultanés. Dans plusieurs zones, des opérations de cordons et de fouilles (CASO) ont été lancées pour localiser des terroristes et des caches d’armes. Une attention particulière a été portée aux prisons de Srinagar et de Kupwara, où des inspections surprises ont été menées par la cellule de contre-espionnage afin d’identifier et de démanteler les réseaux de communication terroristes.
Parmi les individus ciblés figurent Fayaz Ahmed Khan, un membre du Hizbul Mujahideen inculpé depuis 2021, Farooq Ahmed Rather, également de Ganderbal et actuellement basé au POC, Mohammad Yousuf Naim, un ancien affilié du Hurriyat qui s’est rendu au Pakistan pour une formation aux armes, et Abid Ramzan Sheikh, un habitant de Shopian et commandant du Front de la Résistance (TRF), une branche du Lashkar-e-Taiba.
Les perquisitions ont également conduit à des plaintes déposées contre des membres de la famille et des collaborateurs locaux (OGW) qui aident ces terroristes. Les forces de sécurité ont saisi une grande quantité de littérature liée au terrorisme et de dispositifs de communication.
L’opération intervient alors que l’armée indienne a réussi à déjouer une tentative d’infiltration le long de la Ligne de contrôle (LoC) dans le secteur de Keran, à Kupwara, où deux infiltrés ont été tués lors d’une escarmouche. La recherche des autres membres du groupe est toujours en cours dans le cadre de l’opération Pimple, qui rappelle une campagne anti-terroriste majeure lancée en novembre 2017.
L’opération Pimple initiale avait décimé la structure de commandement du Hizbul Mujahideen, neutralisant des terroristes de premier plan tels qu’Abdul Qayoom Nazar, Mufti Waqas, Sameer Tiger et Saddam Padder. Depuis cette offensive, le Hizbul a eu du mal à reconstruire son leadership au Cachemire.
Dans un développement connexe, la police a récupéré un fusil d’assaut AK-47 dans un casier appartenant au Dr Adil Ahmed, un médecin d’Anantnag, qui a été arrêté récemment à Saharanpur, dans l’Uttar Pradesh. Les enquêteurs examinent si l’arme a été utilisée dans une attaque ou était destinée aux chaînes d’approvisionnement terroristes. Le Dr Ahmed a été interpellé après l’apparition de posters du Jaish-e-Mohammed dans toute la ville de Srinagar le 28 octobre. Des images de vidéosurveillance l’auraient montré en train d’afficher ces posters.
Les opérations en cours marquent une escalade significative des efforts de lutte contre le terrorisme en Inde, une tentative stratégique de démanteler non seulement les groupes militants actifs, mais aussi les structures de soutien profondément enracinées qui les soutiennent à travers le Jammu-et-Cachemire.
