Publié le 26 septembre 2025 16h13. Une étude de la Commission Lancet élargit la liste des facteurs de risque modifiables de la démence, incluant désormais le cholestérol LDL et les troubles de la vision, suggérant qu’un pourcentage significatif de cas pourrait être évité grâce à une meilleure prévention.
- Le taux de prévention théorique de la démence pourrait atteindre 45 % grâce à la prise en compte de deux nouveaux facteurs de risque.
- Un contrôle efficace du cholestérol LDL pourrait prévenir jusqu’à 7 % des cas de démence.
- La perte de vision, fréquente chez les plus de 50 ans, est désormais identifiée comme un facteur de risque contribuant à 1 % des cas.
La Commission Lancet a élargi sa liste des facteurs de risque modifiables associés à la démence, en y ajoutant le taux élevé de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) chez l’adulte et la perte de vision liée à l’âge. Cette mise à jour porte à 14 le nombre de facteurs sur lesquels il est possible d’agir, et augmente le potentiel de prévention théorique de la démence de 40 % à 45 %.
Selon les experts, le cholestérol LDL joue un rôle insidieux dans le développement de la démence. L’accumulation de ce type de cholestérol endommage les artères, y compris celles qui irriguent le cerveau. Une circulation sanguine compromise affaiblit les cellules nerveuses, les rendant plus vulnérables aux changements associés à la maladie d’Alzheimer.
La perte de vision, qui touche une personne sur huit de plus de 50 ans, n’affecte pas seulement la qualité de vie. Le Dr Anne Pfitzer-Bilsing, de l’Alzheimer Research Initiative, explique :
« Les personnes ayant des problèmes de vision ont tendance à s’isoler et à réduire leurs activités. »
Dr Anne Pfitzer-Bilsing, Alzheimer Research Initiative
Cet isolement social prive le cerveau de la stimulation cognitive essentielle à son bon fonctionnement. Le manque de stimulation et de défis mentaux peut entraîner un déclin des capacités cognitives et augmenter le risque de dépression, un autre facteur de risque connu pour la démence.
La prévention de la démence est un processus qui s’étend tout au long de la vie. Les facteurs de risque varient selon l’âge : l’éducation renforce la « réserve cognitive » du cerveau pendant la jeunesse, tandis que le contrôle du cholestérol, de l’obésité et de la consommation d’alcool est crucial à l’âge adulte. Plus tard dans la vie, il est important de traiter les problèmes de vision et d’audition et de maintenir un réseau social actif.
Le professeur Gill Livingston, de l’University College de Londres, souligne :
« Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour agir. Chaque étape de la vie offre des opportunités de protéger sa santé cérébrale. »
Professeur Gill Livingston, University College de Londres
Les experts tempèrent toutefois l’optimisme, soulignant que le chiffre de 45 % est basé sur l’hypothèse irréaliste d’une élimination complète de tous les facteurs de risque. Néanmoins, ils insistent sur le fait qu’une part importante de la démence n’est pas inévitable. Le professeur Steffi G. Riedel-Heller, de l’hôpital universitaire de Leipzig, affirme :
« La prévention de la démence est possible ! »
Professeur Steffi G. Riedel-Heller, Hôpital universitaire de Leipzig
La recherche continue d’explorer d’autres facteurs potentiels, tels que le manque de sommeil, et de nouvelles approches thérapeutiques, notamment les médicaments ciblant les plaques d’Alzheimer, sont en cours de développement. En attendant, il est possible d’agir dès aujourd’hui en adoptant des habitudes de vie saines.
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La Commission Lancet estime que la combinaison de la prévention, du dépistage précoce et du traitement représente la voie la plus prometteuse pour lutter contre la démence. Les nouvelles découvertes offrent à chacun des outils supplémentaires pour protéger sa santé cérébrale et rappeler que la démence n’est pas une fatalité.
