Publié le 22 août 2024 14:30:00. Une équipe de chercheurs de l’Université d’Exeter a découvert que les lions d’Afrique produisent un éventail de rugissements plus large qu’on ne le pensait, ouvrant de nouvelles perspectives pour le suivi et la conservation de ces félins menacés.
- Des scientifiques ont identifié un « rugissement intermédiaire » distinct du rugissement aigu classique des lions.
- L’intelligence artificielle a joué un rôle clé dans cette découverte, permettant d’analyser des milliers d’enregistrements sonores avec une précision inédite.
- Cette avancée pourrait révolutionner la surveillance des populations de lions, une espèce classée « en voie de disparition » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Longtemps considérés comme émettant un seul type de rugissement, les lions d’Afrique se révèlent capables d’une communication vocale plus nuancée. Cette découverte, publiée dans le Journal of Ecology and Evolution, remet en question les théories établies et souligne la complexité du comportement social de ces prédateurs.
L’étude s’appuie sur des techniques d’intelligence artificielle (IA) pour distinguer les différents types de rugissements. Jusqu’à présent, l’identification des sons émis par les lions reposait sur l’expertise auditive de spécialistes, une méthode sujette à des biais humains. Les nouveaux systèmes d’IA, en revanche, sont capables de trier et d’analyser des milliers d’enregistrements avec une grande fiabilité, révélant ainsi l’existence de ce « rugissement intermédiaire ».
« Le rugissement du lion n’est pas seulement un symbole de force ; ce sont des signatures acoustiques uniques qui peuvent être utilisées pour estimer la taille des populations et surveiller chaque animal avec une plus grande précision. »
Jonathan Grocott, biologiste à l’Université d’Exeter
Selon les estimations récentes, il ne resterait que 20 000 à 25 000 lions sauvages en Afrique, leur nombre ayant été divisé par deux au cours des 25 dernières années en raison de la perte d’habitat, du braconnage et des conflits avec les populations humaines. Dans ce contexte, une surveillance précise de ces animaux est essentielle pour les spécialistes de la conservation.
L’utilisation de l’intelligence artificielle pour classifier les sons émis par les lions pourrait transformer les méthodes traditionnelles d’estimation des populations, telles que le piégeage ou le suivi par caméra, souvent coûteuses et imprécises. Les chercheurs envisagent désormais de déployer des enregistreurs passifs, capables de capturer les sons de la faune tout au long de la journée, pour constituer la base de futurs systèmes de surveillance.
Cette découverte s’inscrit dans une tendance plus large, observée chez d’autres carnivores comme la hyène tachetée, qui suggère que de nombreux animaux possèdent un spectre vocal plus diversifié qu’on ne le pensait. Les avancées en matière d’intelligence artificielle ouvrent ainsi de nouvelles voies pour la protection de la faune sauvage.
L’étude confirme que le rugissement du lion est bien plus qu’un simple son : il s’agit d’un véritable langage audio, riche en nuances et en informations.
