Publié le 26 octobre 2023 14:35:00. La Russie affirme avoir testé avec succès son drone sous-marin à propulsion nucléaire, le Poséidon, une arme présentée comme invulnérable et capable de déclencher des tsunamis radioactifs. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions accrues avec les États-Unis et alors que Moscou multiplie les démonstrations de force.
- La Russie a annoncé le premier essai réussi du Poséidon, un drone sous-marin à énergie nucléaire.
- Vladimir Poutine décrit cette arme comme « inégalable » en termes de vitesse et de profondeur, et dont la puissance dépasse celle du missile Sarmat.
- L’annonce intervient après un test du missile de croisière nucléaire Burevestnik et est perçue comme un message adressé à Washington.
Le président russe Vladimir Poutine a annoncé mercredi 25 octobre avoir supervisé le premier test réussi du Poséidon, un drone sous-marin à propulsion nucléaire et à capacité nucléaire. S’adressant à des soldats blessés dans la guerre en Ukraine dans un hôpital moscovite, il a décrit cet engin comme une arme révolutionnaire, « qui ne peut pas être interceptée ». Le Poséidon, déjà surnommé par certains la « machine apocalyptique », a été testé mardi, selon le Kremlin.
Poutine a précisé que le réacteur nucléaire alimentant le Poséidon est « 100 fois plus petit » que ceux équipant les sous-marins classiques, tout en assurant que la puissance de sa charge nucléaire est « considérablement supérieure à celle de notre missile balistique intercontinental Sarmat le plus avancé ». Il a également souligné que le test a consisté non seulement à lancer le drone depuis un sous-marin porteur, mais aussi à activer sa centrale nucléaire.
Pour l’instant, aucune confirmation indépendante de ce test n’a été fournie. Les médias russes rapportent que le Poséidon, connu sous le nom de « Kanyon » par l’OTAN et anciennement appelé « Status-6 » par Moscou, mesurerait 20 mètres de long pour un diamètre de 1,8 mètre et un poids de 100 tonnes. Selon les affirmations de Moscou, sa propulsion nucléaire lui conférerait une portée illimitée et le rendrait extrêmement difficile à détecter.
Le Poséidon fait partie des six nouvelles armes, qualifiées de « super-armes » par le président russe, présentées lors de son discours sur l’état de la nation en 2018. Les médias russes évoquent la possibilité que le Poséidon soit conçu pour exploser à proximité des côtes, déclenchant ainsi un puissant tsunami radioactif.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre la Russie et les États-Unis. Poutine a justifié le développement de ces nouvelles armes comme une réponse à la stratégie américaine visant à établir un bouclier antimissile. Dimanche dernier, il avait déjà annoncé le test réussi du Burevestnik, un missile de croisière à capacité nucléaire, présenté comme un moyen d’assurer la sécurité nationale de la Russie.
Ces démonstrations de force, incluant les exercices nucléaires russes de la semaine dernière, le test du Burevestnik et maintenant celui du Poséidon, sont largement interprétées comme un message adressé à Washington, suite aux déclarations de Poutine affirmant que Moscou ne cédera pas aux sanctions et aux pressions américaines.
L’ancien président américain Donald Trump a qualifié l’annonce du test du Burevestnik de « non appropriée », soulignant que les États-Unis avaient déployé un sous-marin nucléaire « juste au large de leurs côtes ».
« (Poutine) devrait mettre fin à la guerre. Une guerre qui aurait dû durer une semaine en est bientôt à sa quatrième année. C’est ce qu’il devrait faire au lieu de tester des missiles. »
Donald Trump, ancien président américain
