Publié le 5 janvier 2026 à 13h57. L’arrestation spectaculaire du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines a suscité une réaction immédiate de la Chine, principal partenaire économique de Caracas, qui dénonce une ingérence américaine mais ne semble pas, pour l’instant, envisager de mesures de rétorsion.
- La Chine s’est dite « profondément choquée » par l’arrestation de Maduro et accuse les États-Unis d’« actes hégémoniques ».
- Pékin maintient son soutien au Venezuela, pays avec lequel elle entretient des liens économiques forts depuis 2007.
- Malgré les tensions, l’administration Trump assure que la Chine continuera d’avoir accès au pétrole vénézuélien.
La Chine a exprimé sa vive préoccupation suite à l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro, qualifiant l’intervention américaine d’« acte hégémonique ». Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que Pékin était « profondément choquée » par les événements, appelant les États-Unis à respecter le droit international et à cesser, selon ses termes, de violer la souveraineté et la sécurité des autres pays.
« Nous appelons les États-Unis à respecter le droit international (…) et à cesser de violer la souveraineté et la sécurité des autres pays. »
Porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères
Malgré cette condamnation ferme, la Chine n’a pour l’heure annoncé aucune mesure de rétorsion. L’administration Trump a d’ailleurs minimisé les risques d’une escalade diplomatique, assurant que les relations avec Pékin ne seraient pas affectées par cette crise. Le président américain a même affirmé que la Chine continuerait d’avoir accès au pétrole vénézuélien, estimant que ce serait un moyen de résoudre les éventuels problèmes.
Cette situation est d’autant plus scrutée que la Chine entretient des liens économiques étroits avec le Venezuela depuis l’établissement d’un accord bilatéral en 2007, sous la présidence d’Hugo Chávez. Cet accord a fait de la Chine le principal consommateur d’énergie vénézuélienne et un créancier majeur du pays, d’abord sous Chávez, puis sous Maduro. Selon une analyse de Capital Economics, le Venezuela est devenu le plus important allié de la Chine en Amérique latine, et sa perte pourrait être significative pour Pékin.
La Chine avait récemment réaffirmé son soutien au Venezuela, accueillant même une délégation chinoise à Caracas la semaine dernière, juste avant l’arrestation de Maduro. Des images diffusées par les médias montrent Maduro adressant ses vœux du Nouvel An aux représentants chinois, dans ce qui pourrait être l’une de ses dernières apparitions publiques avant son extradition vers les États-Unis.
Le président Trump a déclaré lors d’une conférence de presse que les intérêts de la Chine et d’autres pays au Venezuela seraient pris en compte, et que l’accès au pétrole vénézuélien serait maintenu. Il a également affirmé que cette décision n’aurait pas d’impact sur ses « très bonnes relations » avec le président chinois Xi Jinping, et a réaffirmé son intention de se rendre en Chine en avril.
Des analystes financiers, comme ceux de JPMorgan, estiment que, malgré la volonté affichée par l’administration américaine de limiter l’influence de la Chine, de la Russie et de l’Iran en Amérique latine, les entreprises chinoises pourraient toujours être autorisées à investir dans le secteur pétrolier vénézuélien, notamment en raison des milliards de dollars déjà investis, dont un récent accord avec la société China Concord Resources Corp. pour le développement de deux champs pétrolifères. Ce pacte de 20 ans avait été précédemment décrit comme un investissement stratégique majeur pour la Chine.
D’autres responsables américains, comme le sénateur Marco Rubio, ont clairement indiqué que l’objectif de l’intervention au Venezuela était également de limiter l’influence chinoise dans la région. Lors d’une interview à l’émission “Meet the Press” de NBC, il a déclaré que les États-Unis ne permettraient pas à l’industrie pétrolière vénézuélienne d’être contrôlée par des adversaires américains.
Les prochains jours devraient permettre de mieux cerner les implications de cette crise sur les relations sino-américaines et sur l’avenir du Venezuela. Les marchés financiers s’attendent à une réponse économique spécifique de la part des États-Unis et de la Chine, ainsi qu’à une augmentation des tensions commerciales entre les deux pays, selon Terry Haines de Pangea Policy.
Pour l’instant, les médias d’État chinois ont publié une série d’articles critiquant l’intervention américaine, sans toutefois menacer de changements dans les relations bilatérales. Le ministre chinois des Affaires étrangères a affirmé que chaque pays devait être traité avec respect et qu’il était inacceptable pour un pays de se considérer comme un « juge international ». Déclaration du ministre chinois des Affaires étrangères.
